Saint-Malo : un coup de poing pour un sourire, 45 jours d’ITT et une mâchoire fracturée
Saint-Malo : un coup de poing pour un sourire, 45 jours d’ITT et une mâchoire fracturée

Un geste banal, un sourire dans un bar, une salutation anodine. Et puis, sans prévenir, un coup d’une violence telle qu’il envoie l’homme à l’hôpital pour un mois et demi. Les faits se sont déroulés un soir de décembre à Saint-Malo. La victime, venue saluer un artisan qu’il pensait connaître, s’est retrouvée à terre, la mâchoire brisée. Ce que l’homme ignorait, c’est que son agresseur, un entrepreneur local, était en conflit financier avec sa mère à propos de travaux. « Je ne le savais même pas, sinon je ne me serais pas approché », a-t-il expliqué, encore abasourdi par ce qui lui est arrivé. Ce simple sourire, qu’il croyait amical, a été interprété comme une provocation par l’artisan, un homme corpulent de 35 ans. Le coup est parti sans un mot. La victime, frappée en plein visage, s’est effondrée.

Un geste brutal, des séquelles durables

Lors de l’audience au tribunal de Saint-Malo, le 1er juillet, l’agresseur a reconnu les faits. Il a tenté d’expliquer qu’il traversait une période difficile, qu’il avait bu, mais a concédé que cela « n’excusait rien ». Il a affirmé suivre une thérapie psychologique depuis l’agression. Ce patron de 60 salariés n’en est pourtant pas à son premier faux pas : il avait déjà été condamné à huit mois de prison avec sursis pour conduite en état d’ivresse. Les conséquences pour la victime sont lourdes : fracture de la mâchoire, opération sous anesthésie générale, alimentation limitée aux aliments mous, troubles visuels nécessitant le port de lunettes de soleil, insomnies, impossibilité de lire ou de reprendre le travail. Selon son avocat, son état de santé reste instable, justifiant une expertise médicale. Une provision de 20 000 euros a été demandée, la justice en a retenu 12 000. L’agresseur a été condamné à dix mois de prison avec sursis probatoire. Il devra suivre des soins psychologiques et un accompagnement contre l’alcool. Pour la procureure Domitille Guinot, le coup asséné aurait pu être fatal. Pour la victime, le verdict laisse un goût amer. Parce qu’un simple sourire, dans ce bar de Saint-Malo, lui a tout coûté.

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