Réseau de pickpockets à Paris : les chefs tombent, la hiérarchie dévoilée
Réseau de pickpockets à Paris : les chefs tombent, la hiérarchie dévoilée

Gare du Nord, Saint-Michel, Châtelet… Depuis des mois, les touristes se faisaient détrousser sans bruit. Mais derrière ces gestes furtifs, la justice a mis à jour une mécanique bien huilée : un réseau structuré de pickpockets, doté d’un lexique, de grades et d’un système pyramidal digne d’une organisation militaire. Ce mardi, huit de ses membres ont été lourdement condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à des peines allant de deux à six ans de prison ferme. Le parquet avait qualifié l’affaire de « dossier rare ». Rare, car au lieu d’interpeller les voleurs isolément en comparution immédiate, les enquêteurs ont patiemment remonté toute la chaîne. Des écoutes téléphoniques, des surveillances de terrain, et au final, un organigramme digne d’un cartel : les « commissaires », les « officiers » et à la base, les « vagabonds », jeunes recrues chargées de faire les poches.

Une hiérarchie rodée, des touristes ciblés, un pactole bien organisé

À la tête du réseau, Abdoul Kader D., surnommé le « commissaire », coordonnait les opérations, tout en allant sur le terrain. Comme lui, plusieurs « anciens » supervisaient les équipes, choisissaient les lieux, donnaient les ordres et redistribuaient l’argent. Le groupe, principalement composé de ressortissants ivoiriens, ciblait les touristes étrangers, surtout américains, appréciés pour leurs cartes bancaires sans code et leurs liasses de billets. Les écoutes sont formelles : les membres se retrouvaient, se prévenaient des contrôles, négociaient les parts, se disputaient parfois sur les gains. Le parquet a parlé d’un « trafic très lucratif », avec des dizaines de pickpockets en action simultanée. 

Un joli coup de filet

Au total, 65 personnes ont été identifiées, 17 interpellées, et 9 ont déjà été condamnées dans le cadre de procédures simplifiées. Parmi les prévenus, certains avaient déjà flairé le vent mauvais. L’un d’eux, surnommé Chicago, est arrivé à l’audience avec son sac, prêt à être écroué. Il n’a pas eu tort : au terme du procès, plusieurs peines ont été assorties d’une incarcération immédiate et de lourdes amendes, jusqu’à 100 000 euros. Le parquet a également obtenu l’interdiction de séjour dans les transports parisiens, voire sur le territoire français, pour certains. Derrière les visages, la justice a révélé une machine bien rodée. Un réseau dont les ramifications dépassaient largement la rame de métro.

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