Cocaïne, héroïne, cannabis, amphétamines… Les surveillants du centre pénitentiaire de Perpignan n’en reviennent toujours pas. En pleine surpopulation carcérale, un détenu a réussi à transformer sa cellule en véritable point de deal, avec une organisation digne d’un commerce de quartier. C’est à 12h30, ce mercredi 30 juillet, qu’une fouille ciblée menée dans une cellule a mis au jour un stock impressionnant de drogues et d’équipements illicites. Le syndicat UFAP UNSa Justice, habitué aux saisies ponctuelles dans l’établissement, parle cette fois d’un niveau inédit. En tout, 200 grammes d’héroïne, 65 grammes de cannabis, 15 grammes d’amphétamines, 12 grammes de cocaïne et quatre téléphones portables ont été retrouvés. Un véritable marché noir sous clé.
L’échec cuisant des dispositifs de sécurité
L’homme, originaire de Nice, était incarcéré pour enlèvement, séquestration et menaces avec armes sur personne vulnérable. Employé comme auxiliaire au sein de la prison, il bénéficiait d’un accès facilité à certains espaces. Ce statut lui aurait permis de mettre en place un trafic organisé en interne, au point que certains surveillants ont parlé d’une « épicerie de drogue » gérée depuis sa cellule. Une activité qui s’est développée sans être détectée, malgré la présence du système anti-drone TEMU censé empêcher toute entrée illégale de produits illicites. Le syndicat UFAP dénonce une fois encore l’inefficacité de ce dispositif technologique, coûteux mais largement contourné. Il pointe aussi la faillite des protocoles de contrôle, et réclame le retour des fouilles intégrales pour les détenus ayant un contact avec l’extérieur, ainsi qu’une fouille générale de l’établissement.
Un constat d’échec
La direction du centre de détention a d’ores et déjà annoncé que le détenu passera devant la commission de discipline. L’affaire devrait également être transmise au procureur de la République, une plainte pénale étant envisagée. En attendant, cet épisode renforce la réputation peu enviable de la prison de Perpignan, régulièrement citée pour sa surpopulation record et les tensions qu’elle engendre. Un nouveau coup dur pour l’administration pénitentiaire, incapable d’enrayer la prolifération des trafics dans ses murs, alors même que les agents dénoncent depuis des années un manque criant de moyens et de contrôle.