Près de mille morts dans la rue en 2024 - la France face à la tragédie invisible des sans-abri
Près de mille morts dans la rue en 2024 - la France face à la tragédie invisible des sans-abri

Le constat est glaçant : en 2024, plus de neuf cents personnes sans logement fixe ont perdu la vie en France. Selon le collectif Les Morts de la Rue, qui publie chaque année un recensement macabre, la mortalité des sans-abri a bondi de 16 % en un an. Derrière ces chiffres, ce sont des vies effacées dans l’indifférence générale, des parcours marqués par la précarité, la maladie et la solitude. Sur les 1 022 décès enregistrés, 912 personnes vivaient encore à la rue au moment de leur mort. L’âge moyen des victimes est de 48 ans, soit 32 ans de moins que la moyenne nationale. Une statistique brutale qui illustre à quel point vivre dehors use, détruit et tue. Le collectif résume cette réalité d’une phrase devenue son cri d’alarme : « Vivre à la rue tue. »

Une population de plus en plus diverse et fragilisée

Longtemps majoritairement masculine, la population des sans-abri change. En 2024, 82 % des morts recensés sont des hommes, mais la part des femmes (13 %) et celle des enfants de moins de 15 ans (4 %) augmentent. Ces chiffres traduisent une précarité qui s’étend à toutes les générations et à tous les profils, du migrant isolé à la mère en errance après des violences conjugales. Les causes de décès restent multiples : 40 % des victimes avaient connu une rupture liée à la migration, 25 % souffraient d’addictions à des drogues illicites, 19 % à l’alcool, et 15 % avaient vu leur vie basculer après une séparation. Pour près de la moitié d’entre elles (46 %), la mort est survenue dans l’espace public, souvent sur un trottoir, dans une tente, ou sur un banc.

Un drame concentré dans les grandes villes

Les zones urbaines paient le tribut le plus lourd. L’Île-de-France concentre à elle seule 338 décès, soit 37 % du total national. Les Hauts-de-France suivent, en partie à cause des drames survenus parmi les exilés tentant de rejoindre le Royaume-Uni. Aujourd’hui, plus de 350 000 personnes vivent sans domicile en France, soit 20 000 de plus qu’en 2023. Le collectif appelle une nouvelle fois à des politiques publiques plus ambitieuses : accès au logement durable, accompagnement social renforcé, prévention des addictions et suivi psychologique. Car derrière chaque chiffre se cache une histoire, souvent tragique, qui dit beaucoup de l’état social du pays.

Que retenir rapidement ?

Le constat est glaçant : en 2024, plus de neuf cents personnes sans logement fixe ont perdu la vie en France. Selon le collectif Les Morts de la Rue, qui p

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