Prépa « Hippocrate » : l’imposture qui a coûté cher à ceux qui rêvaient de médecine
Prépa « Hippocrate » : l’imposture qui a coûté cher à ceux qui rêvaient de médecine

Le tribunal correctionnel de Paris n’a pas tremblé : Samy N., 25 ans, écope de quatre ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, pour avoir vendu du vent académique à près de deux cents lycéens pressés d’entrer en médecine. Les juges l’ont aussi privé de toute direction d’entreprise pendant dix ans et d’éligibilité pendant cinq ans, histoire de lui rappeler qu’une création de société ne se confond pas avec un tour de passe-passe. Chaque partie civile sera remboursée de ses frais d’inscription — entre 4 000 € et 6 000 € —, plus 1 000 € de dommages-intérêts pour les étudiants et 500 € pour leurs parents. À la barre, l’ex-étudiant lyonnais, qui se présentait comme un visionnaire pédagogique, a surtout admis qu’il avait brassé de l’argent sans même réserver une salle de cours.

Des rêves vendus avenue des Champs-Élysées

Tout avait pourtant la patine du sérieux : des locaux déclarés sur la plus célèbre avenue de Paris, un site clinquant vantant un cursus « innovant », et une armée de commerciaux qui promettaient la lune contre un virement bancaire. Entre fin 2020 et l’été 2021, les contrats pleuvent ; les comptes se gonflent ; mais derrière l’enseigne « Hippocrate » ne se cache qu’un portable débordé d’appels d’étudiants paniqués parce que les cours n’arrivent jamais. Quand l’Inspection du travail puis le parquet s’en mêlent, la pyramide argumentaire s’effondre : pas de professeurs déclarés, pas d’assurance, pas même un planning. Juste des factures encaissées et des salariés payés au noir pour racoler sur les salons étudiants.

Un procès pour tourner la page — et avertir les suivants

Un an de procédure plus tard, la salle d’audience est pleine à craquer ; les parents réclament justice, les victimes veulent surtout tourner la page afin de reprendre leurs études ailleurs, souvent avec un prêt à rembourser. À leurs côtés, Yoann B., manager des commerciaux, prend douze mois avec sursis pour sa complicité, tandis que Ryade M. est relaxé. Le parquet espérait une peine plus lourde ; le tribunal, lui, a choisi de frapper Samy N. là où ça fait mal : au portefeuille et à la possibilité de recommencer. Reste une leçon pour les futurs bacheliers : avant de signer un chèque pour une prépa miracle, vérifier qu’il y a bien des salles de classe derrière la vitrine numérique — et pas seulement un étudiant ambitieux qui confond business plan et poudre aux yeux.

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