Le parc Marineland d’Antibes, déjà au cœur des critiques depuis sa fermeture en janvier, se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs. En cause, une vidéo diffusée mi-août par l’ONG Tide Breakers, tournée par drone au-dessus des bassins. Les images montrent Keijo, un orque mâle de 12 ans, maintenu au bord de l’eau tandis qu’un soigneur semble le masturber. La séquence a suscité une onde de choc sur les réseaux sociaux, l’ONG dénonçant une pratique « choquante et dérangeante ». Selon Tide Breakers, l’équipe de surveillance a observé la scène à plusieurs reprises lors de la même journée, chacune durant près de vingt minutes. Pour ses militants, l’explication est claire : il s’agirait d’une méthode de collecte de sperme en vue d’inséminations artificielles, possiblement dans le cadre d’accords avec des parcs aquatiques étrangers. L’ONG, composée en partie d’anciens soigneurs, assure que cette pratique est connue et couramment utilisée dans l’industrie.
Le parc assume, mais justifie autrement
Marineland, contacté par la presse, n’a pas nié les faits mais en a donné une justification différente. Dans un communiqué, la direction explique que Keijo, en pleine adolescence, manifeste des pulsions sexuelles de plus en plus fortes. Pour éviter des comportements violents ou des rapports consanguins avec sa mère, le parc affirme avoir recours à cette stimulation « spectaculaire mais naturelle et indolore ». L’établissement insiste par ailleurs sur l’interdiction de vendre la semence et rappelle que tout transfert à l’étranger est strictement encadré par les autorités. Un discours qui n’a pas convaincu Tide Breakers, estimant au contraire que cette pratique pourrait accroître l’agressivité de l’animal. L’ONG souligne que le problème dépasse l’acte en lui-même et illustre l’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui les orques et dauphins toujours détenus à Antibes.
Un avenir bloqué pour les cétacés d’Antibes
Depuis la fermeture du site en janvier, les associations de protection animale multiplient les alertes sur les conditions de captivité. L’avenir des animaux reste incertain : en novembre dernier, la ministre de la Transition écologique avait interdit leur transfert au Japon, tandis qu’en avril l’Espagne a refusé leur accueil dans le parc de Tenerife, seul établissement européen habilité. Keijo, sa mère et les douze dauphins du parc demeurent donc dans les bassins d’Antibes, prisonniers d’un dossier diplomatique et juridique qui s’enlise. La vidéo révélée par Tide Breakers relance brutalement le débat. Au-delà de l’indignation morale, elle met en lumière l’opacité d’un secteur qui, derrière ses discours sur le bien-être animal, peine à masquer des pratiques que beaucoup jugent indéfendables.