Poitiers - la famille d’Inès Mecellem accuse l’État après son féminicide
Poitiers - la famille d’Inès Mecellem accuse l’État après son féminicide

Deux semaines après le meurtre d’Inès Mecellem, poignardée à son domicile de Poitiers le 8 septembre, sa famille réclame des comptes à la justice et aux autorités. La jeune femme de 25 ans avait multiplié les alertes contre son ex-compagnon, allant jusqu’à activer son téléphone Grave Danger et déposer cinq plaintes en deux mois. Elle dénonçait des viols, des violences physiques et des menaces persistantes. Pour sa mère, Angélique Robert, la douleur s’accompagne d’un sentiment d’abandon. Elle affirme que sa fille ne se sentait pas écoutée par les forces de l’ordre et doutait de l’utilité de ses démarches. Cette incompréhension a été largement partagée lors de la marche blanche organisée samedi à Poitiers, où proches et anonymes ont exigé des explications sur l’inaction supposée des institutions.

Enquêtes internes et responsabilités en question

Le ministre de la Justice a saisi l’Inspection générale de la justice, tandis que l’Inspection générale de la police nationale doit examiner la gestion des plaintes. L’avocate de la famille, Me Pauline Rongier, pointe déjà une défaillance dans l’évaluation de la dangerosité du suspect et dans la prise en compte des témoignages d’Inès. Le suspect reste en fuite, tandis que la jeune femme sera inhumée mardi à Mérignac. Ce drame relance la question de la protection des victimes de violences conjugales et du suivi judiciaire des agresseurs, alors même que la parole des femmes est encouragée. Pour la famille d’Inès, cette contradiction a désormais un prix tragique.

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