Ils venaient filmer la tour Eiffel, ils sont repartis avec une réplique en fer dans la figure. Deux touristes américains ont été agressés ce mardi après-midi au pied du monument, en pleine zone touristique, après avoir braqué leur téléphone sur des vendeurs à la sauvette. L’un d’eux a reçu un coup de tour Eiffel miniature en plein visage. Les faits se sont produits peu avant 15 heures, entre le quai Jacques-Chirac et l’avenue de Suffren. Les deux frères, âgés de 24 et 28 ans, très actifs sur les réseaux sociaux, étaient en train de filmer la scène — les vendeurs, précisément. Une initiative mal reçue. L’échange vire à l’altercation, les insultes fusent, puis les coups tombent. L’un des touristes repart avec une entaille au visage.
Des vendeurs agressifs, une scène surréaliste
À l’arrivée de la police, les agresseurs ont pris la fuite. Un suspect, vendeur à la sauvette lui aussi, a toutefois été interpellé un peu plus tard. Il correspond au signalement, mais rien ne prouve encore son implication directe. « Il faut rester très prudent », souffle une source proche de l’enquête, désormais entre les mains du commissariat du 7e arrondissement. Les pompiers ont soigné les deux frères sur place. Aucun transport à l’hôpital, les blessures étant jugées superficielles. Mais le choc, lui, est réel. Si les accrochages entre camelots pour le contrôle des trottoirs sont relativement fréquents autour de la Dame de fer, les violences dirigées contre des touristes restent exceptionnelles.
Paris vitrine de…?
L’affaire pose une nouvelle fois la question du climat qui règne autour des grands monuments parisiens. Souvent tolérés, rarement inquiétés, les vendeurs à la sauvette prolifèrent au pied de la tour Eiffel. Mais avec cette scène ubuesque — un touriste frappé avec un objet censé incarner la Ville Lumière —, c’est l’image même de Paris qui en prend un coup. Une plainte a été déposée, les vidéos tournées par les victimes pourraient éclairer les enquêteurs. Reste à espérer que la capitale ne se transforme pas en souvenir… qu’on voudrait oublier.