Rue Claude-Decaen, dans le XIIe arrondissement de Paris, une petite chaussure d’enfant repose encore sur l’asphalte. Samedi soir, Omar, 3 ans, a été mortellement percuté par un camion poubelle alors qu’il traversait un passage piéton à trottinette. Ce drame, survenu à quelques centaines de mètres du domicile de sa grand-mère, a laissé une famille en miettes et un quartier sous le choc. Le garçon rentrait chez lui avec sa tante, âgée de 22 ans, qui l’avait raccompagné à la demande de sa mère, prise d’un violent mal de tête. Le temps de quelques pas sur un passage piéton, la vie bascule. La tante, affolée, crie au chauffeur d’arrêter. Trop tard. Le pied de l’enfant est coincé sous le véhicule. Il faudra plus d’une heure aux secours pour le dégager. Transporté à l’hôpital Robert-Debré, Omar décède dans la soirée.
Une tragédie sur fond de dysfonctionnements
Le conducteur du camion, soumis aux dépistages, n’avait ni bu ni consommé de stupéfiants. Placé en garde à vue, il fait l’objet d’une enquête ouverte pour homicide involontaire. La Ville de Paris annonce qu’il ne reprendra pas le volant avant la fin de l’instruction et qu’une cellule psychologique a été activée pour la famille. Sa mère, Fenda, 24 ans, infirmière tout juste diplômée, parle aujourd’hui d’un « petit ange », de rires partagés, d’un lien brisé. Elle s’interroge sur les circonstances de l’accident, oscille entre incompréhension et chagrin : « Comment n’a-t-il pas pu les voir ? » D’autres pointent la dangerosité du carrefour, l’étroitesse de la rue, et un passage piéton jugé mal placé. Des commerçants, choqués, décrivent une scène insoutenable. Le gardien de l’immeuble, proche de la famille, se souvient d’un enfant souriant, fasciné par les petits chiens de la cour. Omar portait le prénom du père de Fenda, disparu en 2020. Sa mort ravive plus qu’un deuil, elle révèle aussi les failles d’un espace urbain où le danger rôde jusque sur les passages protégés. La jeune mère annonce vouloir porter plainte, déterminée à comprendre ce qui a coûté la vie à son fils, et pourquoi ce carrefour n’a pas su protéger un enfant de trois ans.