Un an après le drame, la douleur reste vive. La conductrice de 83 ans, condamnée à quatre ans de prison avec sursis pour avoir mortellement percuté Margot, une fillette de dix ans, à La Rochelle, a décidé de faire appel. Une décision incomprise, qui ravive la détresse des proches de la victime. « C’est un appel au détriment du côté humain », déplore Me Vincent Julé Parade, avocat de la famille, qui dénonce une accusée « dans le déni de son comportement ». Le 5 juin 2024, la prévenue avait pris une voie en sens interdit, limitée à 30 km/h, avant de foncer frontalement sur un groupe de douze enfants à vélo et leurs deux accompagnateurs. Margot avait succombé à ses blessures deux jours plus tard, tandis que six autres enfants étaient blessés. La conductrice, loin de s’arrêter, avait poursuivi sa route. Ce n’est qu’interpellée par des témoins qu’elle avait finalement été stoppée.
Une peine symbolique contestée, un nouveau procès redouté
Le tribunal correctionnel de La Rochelle avait reconnu le délit de fuite et prononcé plusieurs sanctions : annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant cinq ans, contravention de 200 euros et obligation d’indemniser les parties civiles à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une audience est d’ailleurs prévue le 4 décembre prochain pour fixer le montant définitif des indemnisations. Absente au moment du délibéré, l’octogénaire s’était déjà illustrée par une attitude jugée froide tout au long du procès. À la barre, elle avait évoqué son incompréhension face à l’accident, affirmant que personne ne l’avait jamais alertée sur sa conduite. Un discours que la famille de Margot perçoit comme un refus d’assumer les conséquences de ses actes. Avec cet appel, les proches de la fillette se préparent à revivre une nouvelle fois le choc du procès. Leur avocat espère une procédure rapide, mais redoute que la démarche ne serve qu’à retarder la reconnaissance judiciaire d’une faute désormais établie. Pour eux, l’enjeu n’est pas la lourdeur de la peine, mais le respect dû à la mémoire d’une enfant percutée à vélo sur un trajet encadré, par une automobiliste devenue, ce jour-là, un danger public.