Le procès attendu ce vendredi 9 mai au tribunal correctionnel de Melun n’aura finalement pas eu lieu. Les deux hommes soupçonnés d’avoir organisé une spectaculaire série de tirs en rafale dans le quartier de l’Almont devront attendre : à la demande des avocats de la défense, le dossier a été renvoyé à l’instruction. Dans la nuit du 4 au 5 janvier 2025, un fusil d’assaut semi-automatique a fait entendre sa puissance dans les rues de Melun. Vingt-huit balles ont été retrouvées rue Claude-Bernard, sur la voie publique ou dans des appartements, à l’issue de ce que les enquêteurs qualifient de démonstration de force sur fond de rivalités liées au trafic de drogue. Par miracle, aucun blessé n’a été à déplorer.
Un épisode violent en plein cœur d’un quartier sous tension
Les deux prévenus, âgés de 23 et 33 ans, devaient comparaître pour complicité d’instigation de ces faits, participation à une association de malfaiteurs, violences aggravées et détention illégale d’arme en récidive. Mais la procédure a été interrompue à cause d’un point juridique : les écoutes téléphoniques qui constituent une pièce centrale du dossier proviennent d’une autre affaire, encore sujette à recours. Le procureur Jean-Michel Bourlès a expliqué que cette situation présentait un risque pour la validité des poursuites, justifiant le renvoi devant un juge d’instruction. Une décision décevante pour les six victimes qui s’étaient constituées partie civile, mais qui vise à sécuriser l’ensemble de la procédure. Les deux hommes restent en détention provisoire, poursuivis également dans le cadre d’une autre affaire liée au trafic de stupéfiants dans le quartier.