Elle n’était connue d’aucun service de police. Elle n’était pas visée. Et pourtant, dans la nuit du 7 au 8 juillet, cette femme d’une quarantaine d’années a été abattue à son domicile, dans le 5ᵉ arrondissement de Marseille. Il était 1h21 du matin lorsque les marins-pompiers sont intervenus rue Jean Martin pour une blessée par balle en arrêt cardio-respiratoire. Malgré les tentatives de réanimation, elle n’a pas survécu. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime se trouvait à l’intérieur de son appartement lorsque plusieurs balles ont traversé la porte d’entrée. L’une d’elles l’a atteinte en pleine poitrine. Rien ne laisse penser qu’elle était ciblée personnellement. Ni elle ni son mari ne sont connus des services de police. La thèse d’une victime collatérale d’un règlement de comptes est donc prise très au sérieux.
Une enquête pour assassinat en bande organisée
La violence de l’attaque, en pleine nuit, en zone résidentielle, a déclenché l’ouverture d’une enquête pour « assassinat en bande organisée » et « association de malfaiteurs en bande organisée ». Elle a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire (DCOS). Les tireurs, dont le ou les profils restent à identifier, sont toujours en fuite. Si le mobile n’a pas encore été établi avec certitude, ce nouveau fait divers s’inscrit dans un contexte marseillais marqué par une série d’homicides liés à des rivalités entre réseaux criminels. L’apparente absence de lien entre la victime et les milieux délinquants renforce l’hypothèse d’une erreur ou d’un ciblage aveugle. Ce drame rappelle que, dans certaines zones urbaines, la violence armée n’épargne plus les innocents. Cette nuit-là, à Marseille, c’est derrière une porte close qu’une femme a été tuée. Juste parce qu’elle se trouvait là.