Un vaste réseau d’exportation clandestine de véhicules volés a été démantelé mardi 27 mai dans le port de Marseille (Bouches-du-Rhône). Dix personnes ont été interpellées, et le préjudice est estimé à 30 millions d’euros. Les enquêteurs ont mis au jour un modus operandi sophistiqué, associant locations non restituées en Espagne, vols dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et complicités internes au port.
Une filière en deux étapes
Chaque mois, une vingtaine de voitures – initialement louées en Espagne puis jamais rendues, ou directement volées en Paca – étaient acheminées jusqu’au terminal Sud du port. Là, des complices, dont certains employés d’une filiale de l’armateur CMA-CGM, facilitaient l’entrée des véhicules sur la zone portuaire et leur stationnement dans un hangar sécurisé. Les malfaiteurs y procédaient aux derniers « travaux » : démontage de pièces identifiables, peinture, et fausses plaques d’immatriculation avant embarquement.
Dix arrestations et enquête en cours
Au terme de plusieurs semaines d’investigations menées par la police judiciaire de Marseille, dix membres présumés de ce réseau ont été arrêtés. Les perquisitions ont permis de saisir une dizaine de véhicules prêts à partir, des ateliers de revalorisation et des documents attestant d’exportations fictives. Sous l’autorité du procureur Nicolas Bessone, l’enquête se poursuit pour remonter l’ensemble de la filière et identifier les destinataires finaux de ces voitures, souvent expédiées vers l’Afrique du Nord et les Balkans.