Lutte contre les armes à l’école : le conseil de discipline devient automatique
Lutte contre les armes à l’école : le conseil de discipline devient automatique

Face à la recrudescence des agressions au couteau dans les collèges et lycées, le gouvernement serre la vis. Tout élève surpris avec une arme en milieu scolaire sera désormais systématiquement convoqué devant un conseil de discipline. Un décret, publié le 3 juillet au Journal officiel, impose cette procédure aux chefs d’établissement, là où elle relevait jusqu’ici de leur seule appréciation. Jusqu’alors, la saisine automatique du conseil de discipline ne s’appliquait qu’en cas de violence envers un membre du personnel. Désormais, le simple port ou l’introduction d’une arme dans l’établissement suffit. Un durcissement motivé par une série de faits divers violents ayant secoué les établissements scolaires depuis plusieurs mois. À Bagneux, un lycéen avait été grièvement blessé en pleine cour. À Nogent, une surveillante a été tuée. À Nantes, une lycéenne est morte sous les coups d’un camarade. Autant de drames qui ont mis l’exécutif sous pression.

186 couteaux en trois mois de fouilles

Depuis la fin mars, plus de 6 000 fouilles inopinées ont été menées dans les établissements. Résultat : 186 couteaux saisis. Si ces chiffres témoignent d’une réponse musclée, ils posent aussi la question de la pérennité de telles opérations. La Première ministre, Élisabeth Borne, a d’ailleurs appelé à la prudence. Elle refuse de transformer les écoles en zones ultrasécurisées, évoquant le risque de les « bunkeriser » et soulignant l’impossibilité logistique de généraliser les fouilles quotidiennes. En parallèle de cette mesure disciplinaire, le gouvernement mise sur une approche complémentaire. Un protocole national de repérage et de prise en charge des troubles psychologiques chez les élèves doit être déployé dans tous les établissements avant la fin de l’année. L’objectif : détecter plus tôt les signaux de mal-être susceptibles de dégénérer en passages à l’acte. Ce double mouvement – fermeté sur les armes, vigilance sur le mal-être – reflète une volonté de réponse globale. Reste à savoir si cette stratégie tiendra face à la violence qui, elle, semble s’installer dans la durée.

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