Olivier Hadzovic, principal suspect dans le meurtre d’Aboubakar Cissé survenu le 25 avril dernier dans une mosquée de La Grand-Combe, dans le Gard, a été rapatrié ce vendredi 9 mai en France. Âgé de 20 ans, le jeune homme s’était rendu de lui-même aux autorités italiennes trois jours après les faits. Il est actuellement escorté vers Nîmes, où il doit être présenté à un juge d’instruction en vue d’une mise en examen.
La victime, un jeune fidèle malien de 21 ans, avait été poignardée à de multiples reprises alors qu’elle priait. Dès ses premières déclarations aux enquêteurs italiens, Olivier Hadzovic a reconnu les faits, tout en niant toute motivation religieuse. Il aurait, selon ses dires, tué la première personne qu’il croisait. Le parquet de Nîmes évoque un acte « isolé » commis sous l’emprise d’une « envie obsessionnelle de tuer », déjà exposée sur ses réseaux sociaux.
Un crime qui suscite émotion et recueillement
Le père du suspect s’est exprimé publiquement, qualifiant son fils de « fou » et présentant ses excuses à la famille d’Aboubakar Cissé. Le corps de ce dernier a été rapatrié jeudi au Mali, son pays d’origine, où une cérémonie empreinte d’émotion s’est déroulée en présence de plusieurs ministres. Le jeune homme y était décrit comme un modèle d’engagement et de respect.
L’affaire, qui a provoqué une vive émotion en France et au-delà, est instruite pour « meurtre aggravé par préméditation et à raison de la race ou de la religion ». Malgré la gravité des faits, le parquet national antiterroriste n’a pas souhaité se saisir de l’enquête. Tandis que certains responsables politiques, dont François Bayrou, évoquent sans détour un acte islamophobe, la famille d’Aboubakar Cissé a préféré décliner l’invitation du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.