Insolite - Une octogénaire balance un nid de guêpes chez elle pour chasser les squatteurs. (DR)
Insolite – Une octogénaire balance un nid de guêpes chez elle pour chasser les squatteurs. (DR)

Partie en vacances pour la première fois depuis plus de cinquante ans, Montserrat Riera, 78 ans, s’attendait à retrouver la tranquillité de sa maison de Sant Martí de Tous, en Catalogne. Mais à son retour, la stupeur fut totale : la serrure avait été changée et cinq personnes s’étaient installées illégalement dans son domicile. Ce qui devait être un moment de repos s’est transformé en un cauchemar qui illustre la recrudescence des squats en Espagne, particulièrement fréquents durant la saison estivale.

Elle balance un nid de guêpes pour chasser les squatteurs

Face à l’impuissance et à l’injustice, l’octogénaire a choisi une méthode radicale. En repérant un nid de guêpes à proximité de sa maison, elle l’a lancé par une fenêtre entrouverte, directement à l’intérieur. Paniqués et piqués, les squatteurs ont immédiatement réagi au chaos déclenché. Loin de regretter son geste, Montserrat Riera a averti qu’elle n’hésiterait pas à recommencer, avec des guêpes, des abeilles ou tout autre insecte, si les intrus refusaient de quitter sa demeure.

Quand la loi protège les squatteurs plutôt que les victimes

Si la scène choque et amuse certains, elle révèle surtout une faille juridique. La maison est enregistrée au nom du fils de Montserrat Riera, ce qui la classe comme résidence secondaire et non principale. Dans ce cas, la loi espagnole parle d’«usurpation», un simple délit mineur. Contrairement à l’«allanamiento de morada», qui entraîne une expulsion immédiate et des sanctions pénales, l’usurpation suppose une procédure civile longue, qui peut durer plusieurs mois. Autrement dit, les squatteurs ont le droit de rester, malgré l’évidence morale qui donne raison à la propriétaire.

Les squatteurs retournent l’affaire contre la propriétaire

Le plus surprenant est sans doute la réaction des occupants illégaux, qui menacent de porter plainte contre l’octogénaire. Pour eux, ils sont désormais «chez eux» et estiment avoir des droits. Cette inversion des rôles provoque l’indignation générale et symbolise le déséquilibre entre victimes et squatteurs en Espagne. Montserrat, elle, continue de payer impôts et factures pour une maison dont elle a été privée, accentuant son sentiment d’injustice.

Un fait divers qui relance le débat explosif sur les squats en Espagne

Le cas de Montserrat Riera n’est pas isolé, mais il est devenu un symbole. Dans son village, des voisins se sont déjà mobilisés pour réclamer une réforme plus stricte des lois sur les squats. Si une réforme judiciaire récente promet des expulsions accélérées en une quinzaine de jours et une intervention policière dans les 48 heures, son application reste encore aléatoire. L’affaire de cette grand-mère catalane montre à quel point le problème des squats divise et met en lumière l’urgence d’un changement législatif plus ferme.

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