Un homme se faisant passer pour un haut fonctionnaire de la Banque centrale du Congo, en poste à Monaco, a escroqué une femme de 48 ans, résidant dans le XVIe arrondissement de Paris, en lui soutirant 220 000 euros. Il prétendait pouvoir « multiplier » des billets de 50 euros grâce à un procédé chimique sophistiqué, allant jusqu’à faire bouillir les coupures. Cette information, révélée par Le Parisien, ne manque pas se faire sourire, même si les conséquences sont dramatiques pour là victime…
Une relation amoureuse sous fond d’arnaque
La victime rencontre le suspect en mars 2025. Très vite, une relation sentimentale s’installe. L’homme, au discours séduisant, affirme détenir un savoir-faire d’État permettant de produire de l’argent liquide de manière confidentielle. Pour cette Parisienne récemment cambriolée, la proposition tombe à point nommé.
Lors d’une démonstration, le suspect prend un billet de 50 euros, le glisse entre deux feuilles blanches, l’asperge d’un liquide mystérieux, puis fait bouillir le tout dans une casserole. À la fin de l’opération, trois billets semblant authentiques émergent. Convaincue par cette manipulation spectaculaire, la victime accepte de lui remettre progressivement des sommes de plus en plus importantes.
Des remises d’argent en plusieurs fois, notamment à Bruxelles
Entre mars et juin 2025, la victime remet au suspect un total de 220 000 euros, en plusieurs versements. Certains échanges ont lieu à Paris, d’autres lors de déplacements à Bruxelles, où l’escroc prétend avoir un laboratoire. Aucun des fonds n’a été restitué.
Alertée par les incohérences et l’absence de retour sur son “investissement”, la victime dépose plainte. Les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance astucieuse identifient rapidement le suspect à partir d’une photographie. Il est arrêté le 30 juin 2025, alors qu’il se rendait au domicile de la victime, vraisemblablement pour récupérer une nouvelle somme.
Un récidiviste bien rôdé
Le mis en cause, âgé de 47 ans et né à Yaoundé (Cameroun), est bien connu des services de police pour des faits similaires en France et en Belgique. Il a été placé en garde à vue. Une information judiciaire a été ouverte pour escroquerie en bande organisée et abus de faiblesse.
Ce type d’escroquerie, parfois appelé « arnaque des billets noirs » ou « money doubling scam », repose sur des effets chimiques trompeurs et l’exploitation psychologique des victimes. Ces escroqueries sont particulièrement répandues en Afrique centrale et de l’Ouest, mais également en Europe, et ciblent souvent des personnes fragilisées ou émotionnellement influençables.