Depuis plusieurs semaines, dans l’Ouest de la France, une vague de vols ciblés de monnaies déposées dans les troncs d’églises a mobilisé la brigade de recherches de Nantes. Dans ce cadre, samedi 25 octobre, deux personnes ont été interpellées en flagrant délit près de Pornic (Loire-Atlantique) avec des pièces encore collantes dans leurs poches, un mode opératoire qui laissait peu de doute sur leur implication. Le lendemain, un troisième suspect a été arrêté près d’Angers (Maine-et-Loire). L’enquête établit désormais que les faits se sont étendus à six départements de l’Ouest.
Une méthodologie rodée et un butin vulnérable
L’opération des gendarmes faisait suite à un signalement de la répétition de vols dans des lieux de culte catholiques. Les auteurs pénétraient dans les églises, se dirigeaient vers les troncs, ces boîtes dans lesquelles les fidèles glissent des pièces, puis en ressortaient quelques minutes plus tard, le visage souvent dissimulé. Lors de l’interpellation de samedi, les militaires ont observé les suspects sortir d’un édifice religieux, porter les poches à la lumière et exhiber des pièces fraîchement collantes, comme si elles venaient d’être manipulées. Cette capture a permis d’identifier la zone géographique concernée et de constater que l’activité criminelle ne se limitait pas au seul département de Loire-Atlantique.
Une réponse judiciaire rapide face à une série inquiétante
Les trois individus, dont les liens entre eux restent à clarifier (s’agissait-il d’un groupe organisé ou de trois acteurs autonomes ?) sont désormais en garde à vue. L’enquête devra déterminer les montants exacts volés, le nombre de lieux touchés et la durée de la série. Pour les fidèles et les communautés paroissiales concernées, le coup est rude : les monnaies déposées pour les œuvres caritatives des églises n’avaient pas anticipé de telles attaques. Dans un contexte de multiplication des atteintes aux édifices religieux, cette affaire relance la question de la protection des trésors et des fonds de l’Église, souvent peu sécurisés mais vulnérables. L’affaire met aussi en lumière la coordination entre départements et les capacités de la gendarmerie à suivre des séries de vols transfrontaliers à l’échelle régionale. Reste désormais à savoir comment seront jugés les prévenus et quelles mesures seront prises pour sécuriser les lieux de culte.