Depuis le début de l’été, au moins quinze féminicides ont été recensés en France, soit près d’un tiers des 55 enregistrés depuis janvier. Les associations constatent que la période estivale, marquée par l’isolement accru des victimes, reste particulièrement dangereuse. Les congés éloignent les soutiens habituels (amis, voisins ou familles) tandis que de nombreuses structures d’aide ferment ou fonctionnent en effectifs réduits. Cette situation complique le signalement des violences et laisse les femmes davantage exposées.
Isolement, chaleur et manque de ressources aggravent les risques
Pour Sandrine Bouchait, présidente de l’Union Nationale des Familles de Féminicides, « les victimes sont en vase clos avec leur bourreau » durant l’été. Les forces de l’ordre, tout comme les professionnels de santé, travaillent en effectifs réduits, ce qui ralentit les interventions. Les associations rappellent qu’en août 2022, vingt femmes avaient perdu la vie sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Elles demandent donc au gouvernement de renforcer les campagnes de prévention pendant les congés et d’assurer un maintien opérationnel des dispositifs d’aide, y compris lors des périodes de canicule qui, selon certaines études, favorisent le passage à l’acte.