En Serbie, la colère persiste un an après l’effondrement meurtrier du toit de la gare de Novi Sad (AP)
En Serbie, la colère persiste un an après l’effondrement meurtrier du toit de la gare de Novi Sad (AP)

Un an après l’effondrement tragique de la verrière de la gare de Novi Sad, qui avait fait 16 morts et des dizaines de blessés en novembre 2024, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Belgrade et dans plusieurs grandes villes serbes pour réclamer justice et dénoncer l’impunité des responsables.

Les familles des victimes, soutenues par des associations citoyennes et des syndicats, accusent le gouvernement de négligence et de corruption systémique dans la gestion du chantier de rénovation ferroviaire, un projet public-phare financé en partie par des fonds européens. L’effondrement de la verrière, survenu quelques mois après l’inauguration de la gare, avait révélé de graves manquements en matière de sécurité et de supervision.

Une commission indépendante mandatée par le Parlement européen a depuis conclu que des irrégularités massives dans les appels d’offres et la qualité des matériaux avaient directement contribué à la catastrophe. Le rapport mentionne également des soupçons de favoritisme dans l’attribution des marchés à des entreprises proches du pouvoir serbe, ainsi qu’un contrôle technique « superficiel et complaisant ».

Malgré ces révélations, aucune poursuite majeure n’a encore été engagée contre les responsables politiques ou administratifs impliqués. Seuls quelques ingénieurs et chefs de chantier font face à des accusations de manquement professionnel, ce qui alimente la colère de l’opinion publique.

Lors des rassemblements de ce mardi, les manifestants ont brandi des pancartes où l’on pouvait lire « Justice pour Novi Sad » et « La corruption tue ». Des parents endeuillés, comme Dijana Hrka, mère d’un jeune homme décédé lors de l’effondrement, ont pris la parole pour dénoncer le silence des autorités : « Nos enfants sont morts parce que certains ont volé sur les matériaux. Ils croient qu’on oubliera, mais nous ne cesserons jamais de nous battre. »

Face à la pression croissante, l’Union européenne a adopté une résolution appelant Belgrade à garantir une enquête transparente et indépendante, conditionnant une partie de son aide financière au respect de cette exigence. Pour de nombreux observateurs, cette tragédie symbolise les dérives d’un système miné par la corruption et le manque de reddition de comptes, alors même que la Serbie aspire à rejoindre l’Union européenne.

Que retenir rapidement ?

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