En Russie, des détenus envoyés de force travailler dans l’Arctique @AP
En Russie, des détenus envoyés de force travailler dans l’Arctique @AP

La Russie étend son système de travaux forcés en envoyant désormais des personnes condamnées pour des délits mineurs dans les régions les plus reculées du pays, afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre dans une économie fragilisée par la guerre. Parmi eux figure la militante sibérienne Yekaterina Fatyanova, condamnée à deux ans pour avoir enfreint les lois russes sur la censure de guerre.

Prévenue seulement quelques heures avant son transfert, elle a dû préparer à la hâte des vêtements d’hiver pour rejoindre Norilsk, une ville industrielle du cercle polaire arctique, tristement célèbre pour avoir été l’un des bastions du goulag stalinien. Sa peine : travailler pour des entreprises locales ou des municipalités, plutôt que d’être incarcérée dans une prison classique. « Je me sens physiquement malade en me souvenant de cela », a-t-elle confié à Reuters.

Ce programme, réintroduit par Moscou ces dernières années, s’inscrit dans une stratégie visant à mobiliser au maximum les ressources humaines disponibles alors que l’effort de guerre en Ukraine absorbe une grande partie de la main-d’œuvre. Les autorités présentent cette mesure comme une alternative à la prison, mais les organisations de défense des droits humains dénoncent une pratique qui place les détenus « dans une situation proche du travail forcé ».

Les conditions dans lesquelles les condamnés purgent leur peine, notamment dans des environnements extrêmes et pollués comme Norilsk, alimentent les critiques. Cette région, déjà marquée par une lourde histoire carcérale, devient ainsi le symbole d’un système qui rappelle aux observateurs les heures les plus sombres du passé soviétique.

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