Une violente émeute a éclaté samedi soir dans la prison de Tuxpan, dans l’État mexicain de Veracruz, faisant au moins sept morts et onze blessés parmi les détenus, ont annoncé dimanche les autorités locales. L’ordre a été rétabli au sein de l’établissement carcéral, selon un communiqué du Département de la Sécurité Publique de Veracruz publié sur le réseau social X.
Les prisonniers blessés ont été pris en charge médicalement, tandis que les incendies déclenchés durant les affrontements ont pu être maîtrisés. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont montré d’épais panaches de fumée s’échappant de la prison, ainsi que des images choquantes de détenus partiellement brûlés, témoignant de la violence extrême de la mutinerie.
À l’origine de l’émeute, selon des témoignages de détenus relayés en ligne, un soulèvement aurait été déclenché contre une organisation criminelle opérant à l’intérieur même de la prison. Ce groupe, identifié comme le Grupo Sombra, est accusé d’extorquer de l’argent aux autres détenus ainsi qu’à leurs familles. La tentative de rébellion contre cette emprise mafieuse aurait rapidement dégénéré en affrontements sanglants.
La surpopulation pourrait également avoir joué un rôle dans la montée des tensions. En juin, la prison de Tuxpan comptait 778 détenus pour une capacité théorique de 735 places, selon les données officielles. Cette surcapacité, fréquente dans les établissements pénitentiaires mexicains, aggrave les conditions de détention et accroît les risques d’éruptions de violence.
Les autorités locales n’ont pas précisé si des membres du personnel pénitentiaire avaient été blessés ou pris en otage pendant les troubles. Une enquête a été ouverte pour déterminer les responsabilités dans cette flambée de violence, et les éventuelles implications du Grupo Sombra dans le contrôle interne de l’établissement.
L’incident met une nouvelle fois en lumière les défaillances du système carcéral mexicain, où la présence de groupes criminels à l’intérieur des prisons est régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains.