Depuis ce lundi 26 mai, plus de 400 gendarmes ratissent les bois de Rouvray pour tenter de retrouver le corps de Marie-Jeanne Ambroisine Coussin, une femme de 40 ans portée disparue en 1975 à la sortie de l’hôpital psychiatrique de Sens. Son crâne avait déjà été retrouvé en 2018 dans ce secteur tristement surnommé « le cimetière d’Émile Louis », le chauffeur routier reconnu coupable d’au moins sept meurtres de personnes vulnérables. Un vaste périmètre de sécurité a été établi autour des fouilles, où des vêtements avaient été mis au jour en septembre 2024. Les enquêteurs déploient désormais des drones pour obtenir une cartographie aérienne précise et mobilisent des unités cynophiles et des détecteurs de restes humains pour identifier la moindre trace. L’objectif est clair : clore un chapitre macabre entamé il y a cinquante ans et confirmer si Marie-Jeanne Coussin est la huitième victime du tueur en série.
Une mobilisation technique et humaine exceptionnelle
Le colonel Nicolas Nanni, commandant du groupement de gendarmerie de l’Yonne, souligne l’ampleur de l’opération : « Nous avons un dispositif inédit, tant en effectifs qu’en moyens techniques, pour exhumer des éléments humains là où seuls deux corps avaient déjà été découverts. » Cette phase de recherches pourrait durer plusieurs jours, selon les conditions du terrain et les résultats préliminaires. Sur les sept meurtres qu’Émile Louis a un jour reconnus, seuls deux corps avaient été retrouvés : ceux de deux jeunes femmes handicapées. Le sort des autres victimes reste en suspens. Retrouver le corps de Marie-Jeanne Coussin offrirait enfin des réponses aux familles meurtries et permettrait de refermer un dossier qui symbolise l’un des pires dysfonctionnements de la protection des personnes vulnérables dans les années 1970.