Quarante-sept euros. Des bonbons, des rasoirs, un câble USB et un désodorisant. Rien de spectaculaire. Mais pour cette mère de famille de 41 ans, arrêtée dans un magasin discount de Dieppe, l’addition judiciaire a été bien plus salée. Cliente régulière des lieux, elle a été surprise en flagrant délit de vol et condamnée à 90 jours-amendes, malgré une situation personnelle qu’elle qualifie d’insoutenable. C’est la gérante du magasin qui, flairant quelque chose d’étrange chez cette habituée, a fait intervenir un agent de sécurité. Une fouille rapide a suffi : les produits étaient là, dissimulés, non passés en caisse. Préjudice total : 47,43 euros. Placée en garde à vue, elle évoque des fins de mois difficiles, le chômage, quatre enfants à charge.
Un casier bien rempli, une indulgence mesurée
Mais derrière le geste, un lourd passif. Le casier judiciaire de la prévenue affiche déjà 14 condamnations, principalement pour vols. Le procureur n’y va pas par quatre chemins : « Le 3 décembre, ce n’est pas la fin du mois. Et ce ne sont pas des produits de première nécessité. » Il demande deux mois de prison avec sursis probatoire, accompagnés de 105 heures de travail d’intérêt général. Objectif : remettre la prévenue « en selle », selon ses mots. Mais du côté de la défense, on plaide l’impossibilité. Avec quatre enfants à gérer, les TIG sont jugés irréalisables. L’avocate suggère plutôt une peine de jours-amendes. Le tribunal suit cette ligne : 90 jours à 5 euros. Une condamnation qui, si elle n’est pas réglée, pourra se transformer en incarcération. Client fidèle ou multirécidiviste : à Dieppe, la ligne de caisse a viré ligne rouge.