Entre pneus éclatés et manœuvres désespérées, les policiers de l’OFAST ont mis fin à une cavale aussi rapide que dangereuse. Une BMW X4, lancée à vive allure sur l’autoroute A7, transportait près d’une demi-tonne de résine de cannabis. Tout a commencé à la fin de l’été 2025, lorsque les enquêteurs de l’Office antistupéfiants de la police judiciaire lyonnaise ont flairé la piste d’un réseau d’importation de drogue en provenance d’Espagne. Des semaines d’écoutes et de filatures ont permis d’identifier une filière bien huilée, utilisant la technique du go-fast, ces convois lancés à tombeau ouvert pour franchir la frontière en un minimum de temps. Le 4 octobre, l’opération de démantèlement a pris des allures de film d’action. Sur l’autoroute, les forces de l’ordre ont repéré le convoi. À bord du véhicule principal, une BMW X4, le conducteur a compris qu’il était suivi. Pris de panique, il a commencé à jeter des clous crève-pneus sur la chaussée, espérant ralentir la police. Une manœuvre d’une dangerosité extrême, qui aurait pu provoquer un carnage parmi les automobilistes.
Une traque haletante jusqu’à l’interpellation
Les policiers, malgré les pneus endommagés et la vitesse effrénée du fugitif, ont maintenu la pression. Leur coordination a été décisive. Quelques kilomètres plus loin, la cavale prenait fin brutalement. Le conducteur a été interpellé sans résistance après une course poursuite d’une rare intensité. En fouillant le véhicule, les agents ont découvert 450 kilos de résine de cannabis soigneusement dissimulés dans des compartiments aménagés. Un chargement d’une valeur estimée à plusieurs centaines de milliers d’euros. Les enquêteurs ont alors compris qu’ils venaient de mettre la main sur un maillon central d’un réseau transfrontalier bien organisé.
Un réseau entier sous les verrous
Les heures suivantes ont confirmé l’ampleur de l’affaire. Trois autres individus, soupçonnés d’avoir ouvert la route et vérifié les péages pour sécuriser le passage du convoi, ont été arrêtés à leur tour. Les policiers les qualifient de « ouvreurs », des complices chargés d’assurer la fluidité du trajet pour le véhicule principal. Les quatre suspects ont été présentés devant le parquet de Saint-Étienne. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire. L’enquête, confiée à l’OFAST, vise désormais à identifier les têtes du réseau et leurs relais espagnols. Les policiers lyonnais estiment que cette saisie record pourrait fragiliser durablement une filière d’importation particulièrement active entre la péninsule Ibérique et la France. Une victoire majeure pour les enquêteurs, qui rappellent que, sur les routes françaises, le go-fast reste l’une des méthodes les plus risquées, mais aussi les plus lucratives pour les trafiquants. Cette fois, la vitesse n’aura pas suffi à échapper à la justice.