Il avait les clés, la confiance, la proximité. Pendant plus de dix ans, il a gardé son secret. Hier mardi 13 mai 2025, le masque est tombé : le garagiste de Plédran a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur deux frères, alors âgés de 10 et 13 ans. Les faits remontent à plus d’une décennie. La condamnation, elle, tombe aujourd’hui : deux ans de prison, sous bracelet électronique. Une peine qui laisse un goût d’amertume aux victimes. « Notre vie s’est écroulée », a déclaré leur père à la barre. C’est en février 2024 que la vérité explose. Les deux frères, qui n’avaient jamais échangé un mot sur ce qu’ils avaient subi, finissent par parler. À un psy, d’abord. Puis l’un à l’autre. Puis à leur famille. L’un vit à Paris, tente de se reconstruire. L’autre, resté au domicile parental, affronte chaque jour les séquelles : cauchemars, trouble de l’estime, sentiment d’effondrement intérieur. Aucun des deux n’avait osé parler plus tôt. Trop de honte, trop de peur, trop de silence.
Un récidiviste bien rôdé
À l’audience du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, le prévenu, 54 ans, marié, deux enfants, baisse la tête. Il parle peu. Pour la première fois, il reconnaît les faits. Jusqu’ici, il niait tout en bloc. Il faut dire que son passé le trahit déjà : trois condamnations pour des agressions sexuelles sur mineurs et jeunes adultes dans les années 2000. Il aurait dû être sous surveillance. Il ne l’était plus. Les faits ? Toujours le même schéma. Une main qui surgit dans le dos, des bras qui enserrent, des attouchements sous le pantalon. Il s’en prenait à des enfants qu’on lui confiait sans méfiance. Deux frères du voisinage, dont les parents le considéraient comme un homme fiable. À l’époque, personne ne se doute de rien. Le prédateur est discret. Mais méthodique. Un expert psychiatre mandaté pour l’instruction est formel : les troubles pédophiles sont présents, installés, chroniques. « Il sera dangereux toute sa vie », prévient-il. L’homme assure suivre un traitement, prendre un cachet chaque soir, consulter un psychiatre régulièrement. L’audience reste de marbre.
Une peine sous contrôle, une colère sourde
Au terme du délibéré, le tribunal suit les réquisitions du parquet : deux ans d’emprisonnement, mais pas derrière les barreaux. Il purgera sa peine chez lui, sous bracelet électronique. Il est interdit de contact avec les victimes, soumis à un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans. Déjà inscrit au fichier des délinquants sexuels, il y restera vingt ans de plus. Il devra également verser plus de 20 000 euros de dommages et intérêts à la famille. Pas un mot des victimes. Leur douleur s’est déjà suffisamment exprimée dans les expertises : troubles anxieux, sommeil fracassé, confiance en ruine. Ils ont grandi avec ce poison en silence, chacun de leur côté. Aujourd’hui, ils essaient de reprendre pied. Mais les cicatrices, elles, n’ont pas fini de