Corps calciné, tirs de mortiers contre la police, règlements de comptes en série : Clermont-Ferrand traverse une flambée de violences que les autorités attribuent sans détour au narcotrafic. Pour le préfet du Puy-de-Dôme, Joël Mathurin, il ne fait aucun doute que le narcobanditisme est la clé de cette hyperviolence. Vendredi, sur franceinfo, il a détaillé la contre-offensive engagée. Selon lui, l’année 2025 a déjà marqué une intensification de la présence policière, avec une hausse de 35 % des effectifs sur la voie publique. Résultat : une progression de 69 % des infractions constatées liées aux stupéfiants. Et les consommateurs ne sont pas épargnés, les amendes dressées à leur encontre ayant bondi de 200 % depuis janvier.
Un dispositif musclé et élargi
Depuis une dizaine de jours, les renforts venus du ministère de l’Intérieur épaulent le dispositif local. Plus d’une trentaine d’agents de forces mobiles ont été dépêchés pour sécuriser les quartiers sensibles. Mais la stratégie ne s’arrête pas au terrain policier. Le préfet veut frapper au portefeuille et à l’ancrage local des trafiquants : il appelle les bailleurs à enclencher des procédures d’expulsion contre les dealers, leurs complices et même leurs familles. Dans la même veine, il annonce la multiplication de fermetures administratives pour les commerces soupçonnés de blanchiment, notamment certaines épiceries de nuit. L’objectif affiché est radical : faire disparaître les points de deal permanents de Clermont-Ferrand dans les prochaines semaines. Une ambition qui, selon le représentant de l’État, bénéficie du soutien direct des plus hautes autorités. Reste à savoir si cette démonstration de force suffira à éteindre une violence qui, jusqu’ici, n’a cessé de se nourrir du narcotrafic.