Chiens au bureau - l’Hérault teste la révolution canine @rawpixel
Chiens au bureau - l’Hérault teste la révolution canine @rawpixel

À Montpellier comme à Clermont-l’Hérault, certaines entreprises ont franchi le pas : les salariés viennent accompagnés de leur chien. Une pratique encore marginale en France, seuls 9 % des travailleurs y ont droit, alors que 40 % aimeraient le faire, mais qui séduit de plus en plus. La Journée internationale du chien, célébrée ce mardi 26 août, relance le débat. Chez Netia, société montpelliéraine de services informatiques, la manager ne se sépare jamais longtemps de Jackpot, un cane corso adopté à la SPA. D’abord accueilli avec méfiance par ses collègues en raison de sa taille impressionnante, il est aujourd’hui la mascotte de l’équipe. Toujours discret, allongé sur son tapis, il se révèle même un atout en entretien d’embauche : sa simple présence détend candidats et recruteurs. « Si on m’interdisait de l’amener, je devrais repenser ma vie professionnelle », confie sa maîtresse.

De la mascotte scolaire aux tests en entreprise

Même constat dans les locaux d’Emporus, centre de formation à Clermont-l’Hérault, où Tommy, un spitz japonais, accompagne sa propriétaire, la directrice. À l’origine, il s’agissait d’éviter de laisser un chiot seul de longues journées. Deux ans plus tard, l’animal est devenu un soutien pour les élèves, qui le caressent dans les moments de tension. « Parfois, il suffit de quelques minutes avec lui pour que la pression retombe », raconte la dirigeante. Ubisoft Montpellier a poussé l’expérience plus loin avec une journée pilote dédiée aux chiens au bureau. Une éducatrice avait encadré l’opération : paniers adaptés, pauses prévues, espaces de repos. Un guide du bien-être canin avait été distribué. L’objectif était simple : éviter que la présence de l’animal ne devienne une source de stress.

Un antistress… mais pas sans contraintes

De nombreuses études confirment l’effet bénéfique de ces compagnons au travail : baisse du stress, sécrétion d’endorphines, diminution de l’absentéisme et hausse de la productivité. « Le chien est un catalyseur social, il réchauffe l’ambiance et favorise les échanges. Certaines entreprises étrangères estiment que la productivité peut grimper de 17 %.  Mais les limites existent : allergies, phobies, aboiements intempestifs, poils, sans oublier les risques de tensions entre plusieurs animaux. Un chien n’est pas une peluche. Il peut baver, réclamer de l’attention ou s’agiter au mauvais moment. Pourquoi la France reste-t-elle réticente ? La culture d’entreprise joue beaucoup. Certains dirigeants considèrent que la vie personnelle n’a pas sa place au travail. Pourtant, dans le sud du pays, la tendance gagne du terrain. Restaurants, paillotes et désormais bureaux s’ouvrent aux chiens. Une lente évolution culturelle, mais qui pourrait bien changer la manière de travailler.

Partager