Chienne pendue : une vengeance familiale qui envoie un Italien derrière les barreaux
Chienne pendue : une vengeance familiale qui envoie un Italien derrière les barreaux

Quand une querelle de fratrie tourne au cauchemar, l’onde de choc se mesure à l’indignation publique. En juin 2019, Cindy, setter anglais de cinq ans, disparaît du jardin de son maître à Arco, dans le Trentin. On pense d’abord à un banal vol de chien. Trois jours plus tard, la police découvre le corps sans vie de la chienne : pendue à un pont de Vallarsa avec une corde nylon. Les caméras routières livrent l’inimaginable : le bourreau n’est autre que le frère du propriétaire, 55 ans, déjà brouillé avec la famille.

Un procès pour l’exemple

Film de l’horreur en main, les enquêteurs bouclent l’instruction ; le quinquagénaire, impassible, est renvoyé devant le tribunal pour vol et mise à mort avec cruauté. L’Agence nationale de protection des animaux (ENPA) se constitue partie civile, martelant qu’une telle barbarie « fracture le socle de respect que notre société doit aux animaux ». En première instance, la justice condamne l’accusé à deux ans et quatre mois de prison, plus 1 400 € d’amende. Il ne montre aucun remords ; la Cour d’appel de Trente confirme la sentence la semaine dernière. Pour l’ENPA, la décision sonne comme un signal : chaque violence infligée à un animal sera désormais traitée comme une atteinte à l’éthique collective.

Entre vengeance et cruauté gratuite

Pourquoi tuer l’animal plutôt que d’affronter son frère ? L’arrêt retient la circonstance aggravante de cruauté : Cindy a agonisé plusieurs heures, preuve d’une préméditation glaçante. Pour les défenseurs des animaux, ce verdict n’est pas seulement une sanction pénale, c’est un rappel que l’Italie entend placer la protection animale au rang des principes intangibles. Quant au condamné, il purge déjà sa peine ; la querelle familiale, elle, s’est soldée par un vide irrémédiable – une vie retirée pour assouvir une rancœur, et une société qui répond par la prison ferme.

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