Casernes délabrées, gendarmes à bout - l’alerte sur des logements indignes @phillipe martin
Casernes délabrées, gendarmes à bout - l’alerte sur des logements indignes @phillipe martin

Moisissures, infiltrations, passoires thermiques : de nombreux gendarmes dénoncent des conditions de vie intenables dans leurs logements de fonction. Si les militaires doivent résider sur place pour assurer leur disponibilité, certains estiment qu’il serait parfois plus confortable de rester en mission que de rentrer chez eux. Les images circulant sur les réseaux sociaux montrent des plafonds rongés par l’humidité, des murs noircis et des installations sanitaires défectueuses.

Des témoignages accablants

Un gendarme en poste depuis vingt-cinq ans décrit des toilettes mal conçues dont le contenu remonte jusque dans les appartements. Le chauffage, lui, se perd dans les failles des bâtiments : « Quand vous poussez à 28 degrés pour n’obtenir que 17, il y a un vrai problème », explique-t-il. La hiérarchie, alertée à plusieurs reprises, se retrancherait derrière le manque de moyens. Pour beaucoup, la réponse est toujours la même : « Il n’y a pas d’argent ». Les témoignages recueillis par des associations et sur des groupes privés s’accumulent depuis près de dix ans. David Ramos, président de GendXXI, parle d’une « dette grise » : un déficit d’investissement qui a conduit à une lente dégradation du parc immobilier. « On ne demande pas le grand luxe, juste des logements dignes », insiste-t-il, rappelant que certains militaires vivent dans des conditions indécentes, voire insalubres.

Des fonds débloqués mais jugés insuffisants

Face à cette situation, la gendarmerie assure que des réhabilitations sont en cours. Pour 2025, 300 millions d’euros ont été alloués à la remise en état des casernes. Mais le corps réclame davantage : 400 millions par an pour construire des bâtiments neufs et 100 millions supplémentaires pour entretenir ceux déjà existants. En attendant, une partie des effectifs continue de servir la République dans des logements qu’eux-mêmes jugent indignes de leur engagement.

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