Autriche : la police cherche des réponses après une fusillade de masse dans une école de Graz
Autriche : la police cherche des réponses après une fusillade de masse dans une école de Graz

GRAZ — L’Autriche est en état de choc après qu’un ancien élève de 21 ans a tué dix personnes dans son ancien lycée à Graz, dans l’une des pires fusillades que le pays ait connues. L’auteur de l’attaque, armé légalement d’un fusil de chasse et d’un pistolet, s’est suicidé dans une salle de bain de l’établissement après avoir semé la terreur mardi. Les motivations du jeune homme restent floues, mais la police a confirmé qu’il avait agi seul.

Les enquêteurs ont retrouvé chez le suspect une bombe artisanale non fonctionnelle ainsi qu’une note d’adieu ne contenant aucun éclaircissement sur ses intentions. L’attaque a provoqué une onde de stupeur dans toute la ville et au-delà. Selon les premières informations, l’individu n’avait pas terminé ses études au sein de l’établissement visé et pourrait, d’après certains médias, avoir été victime de harcèlement — une hypothèse encore non confirmée par les autorités.

Le professeur de religion Paul Nitsche a relaté un moment glaçant où il a vu l’assaillant tenter de forcer une porte avec son arme. « Ce n’était pas réel », a-t-il confié à la télévision nationale ORF, encore abasourdi par les événements. Sur place, les élèves et le personnel reçoivent un accompagnement psychologique dans un centre voisin. Les témoignages d’enseignants et d’élèves décrivent un climat de terreur et d’incompréhension.

La police autrichienne est en état d’alerte, notamment face au risque d’actes d’imitation. Une autre école de Graz aurait reçu une menace peu après l’attaque, ont indiqué les forces de l’ordre. En tout, il s’est écoulé 17 minutes entre les premiers appels d’urgence et la sécurisation complète du site. Les victimes ont été retrouvées à plusieurs endroits de l’école, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment. Douze personnes ont été blessées, certaines grièvement.

Cette tragédie relance le débat sur la législation autrichienne sur les armes à feu. L’Autriche compte parmi les pays européens avec la plus forte densité d’armes détenues par des civils. Si les armes utilisées par le tireur étaient légales, le chef de la sécurité publique, Franz Ruf, a affirmé que la législation serait réexaminée afin de combler d’éventuelles failles.

Le pays a décrété trois jours de deuil national. À Graz, les hommages se multiplient : des centaines de personnes se sont réunies pour observer une minute de silence sur la place principale de la ville, tandis que des fleurs, des bougies et des messages de soutien ont été déposés devant l’école. Des dizaines de citoyens ont également donné leur sang pour venir en aide aux survivants, dans un élan de solidarité rare dans un pays profondément meurtri.

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