Assassinat de Martial Bounour en Corse : un crime « règlement de comptes » ?
Assassinat de Martial Bounour en Corse : un crime « règlement de comptes » ?

Les éléments découverts au domicile de Martial Bounour laissent peu de place au doute quant au profil de la victime. Ce Marseillais de 44 ans, abattu dans la nuit du 7 au 8 avril à Venzolasca (Haute-Corse), n’était pas un inconnu des services de police. La perquisition menée par les enquêteurs dans sa résidence a permis la saisie de deux armes de poing, d’un masque en silicone, de quatre caméras, d’un détecteur de balises, d’une perruque et de trois téléphones mobiles. Des objets qui évoquent à la fois l’arsenal d’un homme en cavale et les outils d’une surveillance sophistiquée. Plus encore, une somme de 65 000 euros conditionnée sous vide a été retrouvée sur place, accompagnée de relevés de comptes liés à l’établissement La Caravelle, où la victime exerçait un emploi saisonnier. L’affaire est traitée par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, compétente dans les dossiers de criminalité organisée. Le parquet a confirmé la nature des saisies et les soupçons pesant sur un guet-apens soigneusement préparé.

Un passé judiciaire lourd et des ennemis nombreux

L’autopsie réalisée le 11 avril confirme le scénario d’une exécution ciblée : cinq tirs de chevrotine, dont deux mortels à la tête et au thorax. Les images de vidéosurveillance analysées par les enquêteurs montrent deux individus armés à proximité de la scène de crime, laissant supposer une action concertée. Le parquet de Marseille parle d’un « mode opératoire relevant du grand banditisme ». Martial Bounour n’en était pas à sa première tentative de meurtre. Déjà poignardé à la prison des Baumettes en 2015 lors d’un règlement de comptes entre bandes, il avait également échappé à une tentative d’assassinat en janvier dernier à Aix-en-Provence. Anciennement rattaché au clan des « Gitans » de Marseille, dit « clan Bengler », il était aujourd’hui considéré comme proche du clan Federici, une organisation criminelle influente en Corse et dans les Bouches-du-Rhône. Un passé chargé et une double appartenance qui pourraient bien expliquer le sort tragique qui lui a été réservé sur cette route isolée de Venzolasca.

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