Un policier de la brigade judiciaire de Bordeaux a été pris au piège d’une escroquerie sophistiquée à la fausse identité de conseiller bancaire, révélant un vaste trafic de SMS frauduleux et de virements détournés. Selon nos confrères du Parisien, le 3 août 2024, la victime reçoit un SMS alarmiste évoquant un « dernier rappel » de l’ANTAI pour une amende de 135 €. Deux jours plus tard, un interlocuteur se présentant comme « M. Moreau, conseiller anti-fraude du LCL », la contacte par téléphone. Ayant communiqué plusieurs données personnelles, ce dernier l’informe de tentatives de paiement fictives, appuyées par un faux e-mail mentionnant un blocage de 1 566 € chez Ikea. Sous la pression, le policier transfère 1 950 € pour « sécuriser » ses avoirs, avant de saisir son vrai conseiller bancaire et de déposer plainte.
Une enquête qui révèle l’ampleur du réseau
La Brigade de la criminalité financière de Bordeaux identifie le compte bénéficiaire, ouvert fin 2023 au nom de Salla S., 19 ans, à Asnières-sur-Seine. L’analyse des écoutes et des données téléphoniques montre que la ligne frauduleuse, basée à Courbevoie, a émis plus de 167 500 communications vers 80 500 victimes potentielles. Parmi elles, une cheffe d’entreprise des Bouches-du-Rhône a perdu 20 000 € dans la même arnaque. Les 19 et 20 mai 2025, cinq personnes âgées de 18 à 22 ans sont interpellées : elles ont joué le rôle de « mules », mettant à disposition leurs comptes pour recevoir les fonds détournés. Recrutés via les réseaux sociaux par des instigateurs toujours en fuite, certains avaient déjà été signalés pour des délits mineurs.
Fautes avouées mais pas pardonnées
Lors de leur garde à vue, quatre d’entre eux reconnaissent les faits. Ils seront présentés le 2 juillet 2025 devant la Maison de la justice de Bordeaux dans le cadre d’une composition pénale, tandis que leurs téléphones sont saisis et pourraient être confisqués. Cette affaire illustre la montée en puissance des escroqueries téléphoniques et SMS, où les malfaiteurs usurpent des institutions officielles pour abuser des victimes, y compris des professionnels de la sécurité. Les autorités rappellent qu’aucune banque ne demande jamais, par SMS ou appel, un virement d’urgence pour « sécuriser » un compte : en cas de doute, il faut immédiatement raccrocher et joindre directement son agence.