L’affaire a tout d’un cauchemar médical. Un ancien médecin britannique, Nathaniel Spencer, 38 ans, vient d’être inculpé pour une série d’agressions sexuelles d’une ampleur rare, visant 38 patients dans deux hôpitaux du centre de l’Angleterre. Parmi les victimes présumées, au moins un enfant de moins de 13 ans. Les faits, qui se seraient déroulés entre 2017 et 2021 à l’hôpital Royal Stoke et à l’hôpital Russells Hall, éclaboussent un système de santé déjà fragilisé et soulèvent une vague d’indignation au Royaume-Uni.
Un médecin en qui l’on avait confiance, un prédateur présumé
Nathaniel Spencer exerçait comme médecin résident, un poste équivalent à celui d’interne en France, au moment où il aurait commis ces agressions. Le parquet parle d’infractions « graves », évoquant 12 agressions sexuelles sur mineur de moins de 13 ans, dont trois avec pénétration, 32 autres agressions sexuelles, et même une tentative avec pénétration. Plusieurs des accusations concernent les mêmes patients, ce qui laisse entrevoir un mode opératoire répété, dissimulé derrière la blouse blanche et l’autorité médicale. L’homme, désormais interdit d’exercer, nie les faits mais devra répondre de l’ensemble des charges le 20 janvier devant la justice.
Un choc pour les hôpitaux, un appel aux victimes, et un climat d’inquiétude
Les établissements concernés, Royal Stoke et Russells Hall, se retrouvent dans la tourmente. La police du Staffordshire a lancé un appel aux anciens patients : toute personne ayant un doute, une gêne, un souvenir suspect est invitée à se manifester. Une procédure rare, signe de l’ampleur et de la gravité de l’affaire. Car au-delà du cas Spencer, l’affaire ravive une question sensible : comment un médecin a-t-il pu, pendant quatre ans, agir ainsi au sein d’hôpitaux publics sans être inquiété ?
Le système hospitalier britannique, déjà abîmé par des scandales passés, doit maintenant répondre à cette affaire qui mêle trahison, vulnérabilité des patients et défaillances potentielles de contrôle interne. Et tandis que l’accusé attend sa comparution, les victimes présumées, elles, tentent de se remettre d’une réalité brutale : l’agression est venue de celui qui, théoriquement, devait les soigner.