Des milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord, pour exiger justice avant l’ouverture du procès lié à l’incendie d’une boîte de nuit qui a fait 63 morts en mars dernier. Les familles des victimes, soutenues par de nombreux citoyens, ont brandi des photos de leurs proches disparus et se sont vêtues de noir lors de cette « Marche des Anges », organisée en hommage aux personnes tuées lors d’un concert de hip-hop à Kocani, une ville située à 80 kilomètres à l’est de la capitale.
Selon les autorités, 37 personnes ont été inculpées dans le cadre de l’enquête sur ce drame survenu dans un établissement clandestin ne disposant que d’une seule sortie. Le feu s’était propagé rapidement après que des étincelles provenant de fusées éclairantes ont atteint le toit, piégeant des dizaines de jeunes spectateurs qui tentaient désespérément de fuir. Plusieurs d’entre eux avaient été blessés dans la panique.
Au cours de la manifestation, les participants ont exprimé leur détermination à obtenir des réponses et à faire reconnaître les responsabilités. « Il y a de l’espoir que nous n’oublierons pas, de l’espoir que nous n’abandonnerons pas, et de l’espoir qu’il y aura enfin un procès dans ce pays où tous les responsables, absolument tous, devront rendre des comptes », a déclaré Bojan Eftimov, l’un des manifestants.
La première audience préliminaire est prévue le 19 novembre, marquant une étape cruciale dans la quête de justice des familles endeuillées. Pour beaucoup, ce procès doit être exemplaire et permettre de mettre en lumière les failles de sécurité et les négligences qui ont rendu possible un incendie aussi meurtrier.