C’est une annonce qui fait l’effet d’un séisme diplomatique et industriel : l’Ukraine pourrait bientôt rejoindre le cercle restreint des pays européens dotés du Rafale, l’avion de chasse emblématique de Dassault Aviation. Selon plusieurs sources concordantes, Kiev négocie activement avec Paris pour l’acquisition d’une quinzaine d’appareils. Une avancée majeure qui ferait de l’Ukraine le cinquième pays du continent à déployer le fleuron de l’aéronautique française, déjà adopté par la Serbie, la Grèce, la Croatie et le Portugal. Depuis plus de trois ans, la guerre déclenchée par la Russie pousse l’Ukraine à moderniser en urgence ses capacités militaires. Soutenue par les pays occidentaux, elle multiplie les partenariats pour renforcer son aviation de combat. Après la livraison de plusieurs Mirage 2000-5F par la France et l’annonce d’accords pour des F-16 américains et des Gripen suédois, l’intérêt de Kiev pour le Rafale s’inscrit dans une stratégie d’indépendance technologique et d’efficacité opérationnelle.
Un choix de souveraineté et d’efficacité militaire
L’Ukraine envisagerait d’intégrer les Rafale à un plan global de modernisation comprenant près de 250 avions de combat, dont 150 Gripen et 85 F-16 Viper. Le Rafale, réputé pour sa polyvalence et sa maintenance intégralement française, séduit par sa simplicité logistique et sa liberté d’emploi. Contrairement à l’Eurofighter ou au F-16, il n’impose aucune autorisation multinationale pour les missions opérationnelles, un atout majeur dans le contexte du conflit russo-ukrainien. Pour Paris, cet accord serait doublement symbolique. D’abord, il consoliderait la position du Rafale sur le marché européen, déjà renforcée par des succès à l’exportation en Inde, en Égypte et aux Émirats arabes unis. Ensuite, il confirmerait le rôle de la France comme partenaire stratégique de l’Ukraine, après les 5 milliards d’euros d’aide militaire et humanitaire fournis depuis 2022. L’acquisition du Rafale, encore en discussion, marquerait un tournant dans la guerre comme dans l’équilibre des forces en Europe. Pour Dassault Aviation, c’est aussi une nouvelle victoire industrielle qui illustre la montée en puissance du savoir-faire français dans la défense européenne.