Quatre personnes ont été arrêtées en Belgique dans le cadre d’une enquête pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre visant un groupe armé séparatiste camerounais, a annoncé mardi le parquet fédéral. Trois suspects ont été placés en détention provisoire, tandis qu’un quatrième a été remis en liberté, sans précision sur d’éventuelles conditions.
L’enquête, menée en coopération avec la Norvège et les États-Unis, cible les Forces de défense de l’Ambazonie, un mouvement qui lutte pour l’indépendance des régions anglophones de l’ouest du Cameroun. Selon le parquet, des personnes résidant en Belgique sont soupçonnées d’appartenir à la direction du groupe et d’avoir collecté des fonds destinés à l’achat d’armes et de munitions.
Un conflit meurtrier depuis 2016
Les perquisitions ont été menées dimanche à Anvers et à Londerzeel, au nord de Bruxelles. L’enquête belge porte sur des faits présumés commis au Cameroun depuis 2020 et s’appuie notamment sur un rapport des autorités judiciaires norvégiennes.
Le conflit dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun oppose depuis 2016 les forces de sécurité aux groupes séparatistes. Il aurait causé la mort d’au moins 6 000 civils selon Human Rights Watch. Le chef des Forces de défense de l’Ambazonie, Lucas Cho Ayaba, arrêté en Norvège en septembre 2024, est lui aussi poursuivi pour crimes de guerre, accusations qu’il conteste.