La capitale serbe a été le théâtre de nouvelles violences vendredi soir, alors que la police a eu recours à des gaz lacrymogènes et à des véhicules anti-émeutes pour disperser des manifestants antigouvernementaux rassemblés dans le centre de Belgrade. Les forces de l’ordre affirment avoir été la cible de pétards et de fusées éclairantes lancés par des protestataires, dans ce qui marque une escalade significative d’un mouvement qui dure depuis neuf mois.
Le rassemblement a débuté vers 20 heures devant le siège de l’armée, un bâtiment emblématique bombardé par l’OTAN en 1999. Après plusieurs heures de tension, des groupes de manifestants ont commencé à lancer des projectiles sur les policiers. En réponse, les forces de l’ordre ont déployé des grenades lacrymogènes et tenté de disperser la foule.
Des scènes de chaos ont suivi : des poubelles ont été renversées et incendiées, tandis qu’un arbre a pris feu sous l’effet des flammes. Les affrontements ont également gagné d’autres villes du pays, notamment Novi Sad, Niš, Kragujevac et Valjevo. À Niš, la police a également utilisé des gaz lacrymogènes pour contenir les débordements. Aucun bilan officiel n’a été communiqué concernant d’éventuels blessés lors de cette nouvelle nuit de tension.
Les manifestations en Serbie ont commencé il y a plusieurs mois, déclenchées par l’effondrement du toit d’une gare rénovée à Novi Sad, qui avait causé la mort de 16 personnes. Depuis, elles se sont muées en un vaste mouvement de contestation visant le président Aleksandar Vucic et son parti SNS, accusés de mauvaise gestion et de corruption.
Jusqu’à récemment, la mobilisation avait été largement pacifique. Mais mercredi soir, la situation avait déjà basculé, avec de violents affrontements qui avaient fait 27 blessés parmi les policiers et environ 80 parmi les civils. Les nouvelles violences de vendredi laissent craindre une radicalisation progressive du mouvement et une réponse sécuritaire de plus en plus ferme de la part des autorités.