Les États-Unis n’ont pas l’intention de diffuser l’intégralité de la vidéo non montée des frappes menées le 2 septembre contre un navire soupçonné de trafic de drogue au large du Venezuela, a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. Cette décision intervient alors que l’opération fait l’objet de vives critiques, notamment après la mort de survivants à la suite de l’attaque.
Depuis plusieurs semaines, des élus américains réclament davantage de transparence sur cette campagne militaire, qui s’étend sur plus de trois mois et demi et comprend plus de vingt frappes contre des bateaux dans les Caraïbes et le Pacifique. Selon des responsables américains, ces opérations ont causé la mort de plus de 80 personnes.
Mardi, Pete Hegseth et le secrétaire d’État Marco Rubio ont organisé des briefings confidentiels à destination de l’ensemble des membres du Sénat et de la Chambre des représentants. Ces réunions visaient à répondre aux interrogations des parlementaires sur les objectifs, les règles d’engagement et les conséquences humaines de ces frappes.
Des élus démocrates ont cependant jugé ces briefings insuffisants, estimant que les responsables de l’administration manquaient de clarté et de préparation. Ils demandent que le président Donald Trump se présente devant le Congrès afin d’obtenir une autorisation formelle pour ces opérations, conformément aux prérogatives constitutionnelles du pouvoir législatif.
À l’inverse, plusieurs responsables républicains ont exprimé leur soutien à la stratégie de l’administration. Le sénateur Lindsey Graham a notamment appelé à la destitution du président vénézuélien Nicolas Maduro, qualifiant les frappes de nécessaires dans la lutte contre le narcotrafic et les activités jugées hostiles au régime de Caracas.
Le refus de publier la vidéo complète alimente toutefois le débat politique à Washington, alors que les tensions avec le Venezuela continuent de s’aggraver et que les opérations américaines dans la région suscitent une attention internationale croissante.