Les États-Unis ont adressé un avertissement clair à la Chine : continuer à acheter du pétrole russe sous sanctions pourrait entraîner l’imposition de droits de douane punitifs allant jusqu’à 100 %, voire 500 %, conformément à une nouvelle législation en cours d’examen au Congrès. Cette mise en garde a été formulée mardi par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, à l’issue de deux jours de négociations commerciales avec des responsables chinois à Stockholm.
Bessent a déclaré avoir exprimé à Pékin la frustration croissante de Washington face aux achats chinois de pétrole russe et iranien, ainsi qu’aux ventes de technologies à double usage à Moscou. Selon les États-Unis, la Chine aurait fourni pour plus de 15 milliards de dollars de biens susceptibles d’être utilisés à des fins militaires par la Russie dans le conflit en Ukraine. Ces activités sont perçues par l’administration Trump comme un soutien indirect à l’effort de guerre russe.
« Quiconque achète du pétrole russe sanctionné devrait être prêt à cela », a averti Bessent lors d’une conférence de presse au siège du gouvernement suédois. Il a également affirmé que la Maison Blanche était prête à aller au-delà d’une simple pression diplomatique, et que d’autres alliés des États-Unis pourraient être incités à prendre des mesures similaires.
Les responsables chinois ont rejeté cette pression en affirmant que leurs achats de pétrole répondaient à des besoins énergétiques internes, relevant de leur souveraineté nationale. « Les Chinois prennent leur souveraineté très au sérieux », a ironisé Bessent. « Nous ne voulons pas l’entraver, alors ils aimeraient payer des droits de douane de 100 %. »
La Chine reste le premier importateur de pétrole russe, avec environ deux millions de barils par jour, loin devant l’Inde et la Turquie. Cette dépendance énergétique est stratégique pour Pékin, qui n’a cessé de renforcer ses liens avec Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine.
Donald Trump, revenu récemment d’Écosse, a par ailleurs réduit à dix ou douze jours le délai donné à Vladimir Poutine pour progresser vers un accord de paix. Passé ce délai, tous les acheteurs de pétrole russe pourraient être frappés de sanctions commerciales sévères.
Enfin, Bessent a souligné que les livraisons chinoises de technologies à la Russie nuisent gravement à l’image de Pékin en Europe. Alors que la Chine cherche à améliorer ses relations commerciales avec les pays européens, son alignement apparent avec Moscou pourrait lui coûter cher diplomatiquement.