Le département américain de la Santé a annoncé une série de mesures visant à faire évoluer la recherche biomédicale vers des méthodes fondées sur la biologie humaine, au détriment des modèles animaux traditionnels. La FDA a officialisé cette orientation dans une règle finale qui modifie le cadre réglementaire applicable aux essais précliniques.
C’est la deuxième fois en moins d’un an que le département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) annonce un ensemble de mesures destinées à accélérer la transition vers des méthodes de recherche fondées sur la biologie humaine. La Food and Drug Administration (FDA), l’agence fédérale chargée du médicament, a publié une règle finale qui autorise explicitement le recours à des méthodes autres que les tests sur animaux lorsque celles-ci sont jugées « appropriées » pour évaluer la sécurité des médicaments et des produits biologiques.
Concrètement, cette révision réglementaire substitue les termes « tests sur animaux » et « études sur animaux » par les formulations plus neutres de « tests non cliniques » et « études non cliniques ». Ce changement de vocabulaire, qui peut sembler technique, traduit une évolution de fond : il ouvre la voie à l’utilisation d’outils alternatifs, tels que les organes sur puce, les cultures cellulaires humaines ou les modèles informatiques, sans que les industriels aient à justifier systématiquement l’abandon du recours à l’animal.
Le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. a présenté ces annonces comme l’amorce d’une nouvelle ère pour la recherche biomédicale américaine. « Nous modernisons des réglementations obsolètes, nous investissons dans des technologies fondées sur l’humain et nous levons les obstacles qui maintenaient les chercheurs dans une dépendance aux modèles animaux alors que de meilleurs outils existent », a-t-il déclaré.
Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large, porté depuis plusieurs années par des acteurs scientifiques et des associations de protection animale, qui contestent à la fois la pertinence prédictive des modèles animaux pour l’être humain et le coût éthique de leur utilisation massive. Si les États-Unis constituent le premier marché mondial du médicament, une telle évolution réglementaire est susceptible d’influencer les pratiques des laboratoires pharmaceutiques opérant à l’échelle internationale, y compris en Europe.

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