Le chargement de pétroliers au Venezuela a fortement ralenti ces derniers jours, de plus en plus de navires faisant demi-tour ou limitant leurs déplacements à des trajets internes, après de nouvelles interceptions menées par les États-Unis et dans un contexte de fortes tensions autour des sanctions, selon des données de suivi maritime et des sources industrielles.
Ce mois-ci, les garde-côtes américains ont arraisonné un superpétrolier transportant du pétrole vénézuélien et tenté d’intercepter deux autres navires au cours du week-end. L’un des bâtiments était un pétrolier vide déjà sous sanctions américaines, tandis que l’autre, non sanctionné, était chargé à pleine capacité et se dirigeait vers la Chine. Ces opérations ont accru l’incertitude parmi les armateurs opérant dans la région.
À la suite de ces actions, la majorité des navires observés lundi transportaient du pétrole uniquement entre des ports nationaux, un signe de prudence accrue face au risque d’interception en mer. La situation est aggravée par les difficultés de la compagnie pétrolière publique PDVSA, qui peine encore à se remettre d’une cyberattaque récente ayant perturbé ses opérations et ses systèmes de paiement.
Washington n’a pas fourni de détails actualisés sur les navires visés, mais le président américain Donald Trump a réaffirmé que les États-Unis entendaient bloquer tous les pétroliers soumis à sanctions entrant et sortant du Venezuela. Il a également déclaré que le pétrole saisi au large des côtes vénézuéliennes pourrait être conservé, voire vendu, et que les navires interceptés resteraient sous contrôle américain.
La Chine et le Venezuela ont dénoncé ces mesures, les qualifiant de violations du droit international, tandis que le Panama a indiqué qu’un navire battant son pavillon n’avait pas respecté les règles maritimes. Dans ce climat tendu, les exportations de brut vénézuélien restent sous pression, renforçant les incertitudes sur l’approvisionnement et sur l’avenir du secteur énergétique du pays.