États-Unis : Juneteenth célébré à travers le pays malgré un climat politique tendu
États-Unis : Juneteenth célébré à travers le pays malgré un climat politique tendu

Des milliers de personnes ont célébré jeudi le Juneteenth à travers les États-Unis, une journée marquant la libération des derniers esclaves afro-américains au Texas en 1865. Alors que cette fête, devenue jour férié fédéral en 2021 sous l’administration de Joe Biden, prend chaque année plus d’ampleur, certains participants ont affirmé que le contexte politique actuel renforçait leur volonté de se faire entendre.

Le président Biden a participé à un service commémoratif dans une église de Galveston, au Texas, berceau historique de la fête. Juneteenth commémore en effet l’arrivée des troupes de l’Union à Galveston le 19 juin 1865, date à laquelle le général Gordon Granger annonça la fin de l’esclavage, deux ans après la proclamation d’émancipation d’Abraham Lincoln.

Les célébrations ont été nombreuses, de la parade à Galveston aux cérémonies à Portsmouth (New Hampshire), où la foule s’est rassemblée au parc mémorial des sépultures africaines, rythmée par des chants, danses et tambours traditionnels. Robert Reid, 60 ans, y brandissait un drapeau Juneteenth en dénonçant ce qu’il considère comme une stratégie de division menée par Donald Trump. « Il est temps de rassembler les gens au lieu de les séparer », a-t-il déclaré.

Ce climat divisé s’explique aussi par les décisions récentes de l’administration Trump, qui a œuvré à interdire les initiatives de diversité, équité et inclusion (DEI) dans les agences fédérales, et à retirer certaines références à l’histoire des Noirs américains sur les sites gouvernementaux. Interrogé sur une éventuelle proclamation présidentielle pour Juneteenth, sa porte-parole a indiqué qu’aucune n’était prévue. Plus tard, Trump s’est plaint sur les réseaux sociaux d’un trop grand nombre de jours fériés « non productifs » coûtant « des milliards de dollars au pays ».

À Fort Worth, au Texas, 2 500 personnes ont participé à la traditionnelle marche de Juneteenth initiée par Opal Lee, surnommée « la grand-mère de Juneteenth ». Âgée de 98 ans et récemment hospitalisée, elle n’a pas pu assister à l’événement cette année. Sa petite-fille a cependant transmis son message : « Gardez vos libertés. Elles sont menacées aujourd’hui. »

Des gestes symboliques ont également marqué la journée. En Virginie, une cérémonie a été organisée pour la reconstruction de la First Baptist Church of Williamsburg, l’une des plus anciennes églises noires des États-Unis. Et dans le Maryland, le gouverneur Wes Moore a annoncé plus de 6 900 grâces liées à la possession de marijuana, en rappelant l’impact disproportionné de ces condamnations sur les communautés noires.

Malgré les tensions, les organisateurs de Juneteenth veulent garder espoir. JerriAnne Boggis, directrice du Black Heritage Trail du New Hampshire, a souligné l’importance de préserver la vérité historique : « Ce n’est pas un outil de division que de connaître l’histoire. C’est en la connaissant que nous comprenons mieux ce que nous vivons aujourd’hui. »

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