WASHINGTON — L’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) a donné jeudi son feu vert à un nouveau vol du Starship de SpaceX, après une série d’explosions lors de précédents essais ayant soulevé de vives préoccupations à l’international. Cette décision ouvre la voie à un neuvième test de vol dès le 27 mai depuis le site de Boca Chica, au Texas, en élargissant au passage les zones jugées à risque le long de la trajectoire de cette immense fusée de 122 mètres.
Le Starship, conçu par la société d’Elon Musk, est appelé à devenir l’élément central du programme spatial américain, notamment pour les futures missions lunaires et martiennes. Mais ses essais récents ont été marqués par deux échecs majeurs en janvier et mars, causant la dispersion de débris dans plusieurs zones sensibles, notamment aux Bahamas, au Mexique, à Cuba, et jusqu’aux îles Turques-et-Caïques. Ces incidents ont entraîné des plaintes de résidents et des opérations de nettoyage sous la supervision des autorités locales et de SpaceX.
En réponse, la FAA a décidé d’étendre significativement la zone d’exclusion aérienne : celle-ci s’étendra désormais sur 1 600 milles nautiques (environ 3 000 km), soit presque le double de la limite précédente. Cette nouvelle zone couvre désormais une plus grande partie des Caraïbes et du détroit de Floride, incluant des territoires sensibles comme les îles Turques-et-Caïques, qui relèvent du Royaume-Uni, et les Bahamas.
La FAA a souligné avoir procédé à une réévaluation complète des risques à l’aide de modèles mathématiques sophistiqués, prenant en compte la probabilité de défaillance du lanceur et le danger potentiel pour les populations survolées. Ces ajustements visent à garantir la sécurité du public, alors même que SpaceX prévoit une innovation de taille pour ce neuvième vol : la tentative de réutilisation du propulseur Super Heavy, une étape cruciale vers un système spatial entièrement réutilisable.
La FAA affirme avoir travaillé en étroite collaboration avec les autorités aériennes des pays concernés par le survol du Starship, notamment le Royaume-Uni, Cuba, le Mexique et les îles caribéennes, pour assurer le respect des normes de sécurité et environnementales internationales.
Bien que la date du 27 mai ait été mentionnée dans les documents de notification de l’espace aérien, ce calendrier reste incertain, car il dépendra des conditions météorologiques et de l’état de préparation technique de SpaceX. Ce vol constitue un test clé pour restaurer la confiance dans le programme après une série de revers techniques qui ont également affecté le trafic spatial commercial mondial.