Mardi 12 août, à 21 h 37 heure locale, le ciel de Kourou s’est embrasé pour le troisième succès consécutif d’Ariane 6. Pour son deuxième vol commercial depuis son inauguration en juillet 2024, le lanceur lourd européen a placé en orbite polaire le satellite MetOp-SG-A1, une plateforme de plus de quatre tonnes destinée à affiner les prévisions météorologiques et à améliorer la compréhension du climat. Construit par Airbus Defence and Space pour Eumetsat dans le cadre d’un contrat avec l’Agence spatiale européenne, l’engin évoluera à 800 km d’altitude sur une orbite héliosynchrone.
Une charge utile tournée vers l’observation de la Terre
Le satellite embarque six instruments, dont IASI-NG, un sondeur infrarouge capable de fournir des mesures deux fois plus précises que son prédécesseur. Il analysera profils de température et de vapeur d’eau, température des océans et des continents, ainsi qu’une série de variables climatiques clés, allant des gaz à effet de serre aux poussières désertiques. Autre élément majeur : Sentinel-5, du programme Copernicus, chargé de surveiller la qualité de l’air et l’ozone stratosphérique. Ce vol illustre la montée en puissance d’Ariane 6, dont le carnet de commandes compte désormais 32 missions.
Un rythme de tirs appelé à s’intensifier
Après un vol inaugural en 2024 et un lancement militaire en mars 2025, ce troisième tir conforte la fiabilité du lanceur. David Cavaillolès, président exécutif d’Arianespace, s’est réjoui d’un « troisième lancement, troisième succès », rappelant l’objectif de passer à neuf ou dix lancements annuels. Avec la reprise de Vega-C en décembre 2024 après deux ans d’arrêt, l’Europe spatiale se dote ainsi d’une double capacité de lancement, gage de compétitivité et de continuité pour le centre spatial guyanais.