Le Hamas a exécuté quatre personnes accusées de pillage de camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, selon des sources proches du groupe islamiste, alors que des tensions grandissantes émergent sur la gestion des convois d’aide et que des voix dissidentes se font entendre localement.
Les quatre hommes auraient été impliqués dans un incident survenu la semaine dernière, lors duquel six agents de sécurité chargés de la protection des convois humanitaires ont trouvé la mort dans une frappe aérienne israélienne. D’après une des sources citées par Reuters, les victimes appartenaient à une unité chargée de sécuriser les livraisons d’aide, et les hommes exécutés seraient responsables de leur mort ainsi que de vols répétés. Un groupe se revendiquant de la « Résistance palestinienne » a également publié un communiqué affirmant que sept autres suspects sont toujours recherchés.
L’exécution intervient dans un contexte de chaos humanitaire. Après avoir levé un blocus imposé depuis début mars sous la pression internationale, Israël a permis la reprise partielle des livraisons d’aide à Gaza, où environ 500 000 personnes sont menacées de famine, selon des organisations de surveillance de la faim. Toutefois, la distribution reste fortement entravée par des actes de pillage et l’insécurité sur le terrain.
Les agences humanitaires ont dénoncé la situation désespérée provoquée par le blocus, estimant que l’effondrement de l’ordre social est une conséquence directe de l’asphyxie prolongée de la population. Israël, de son côté, accuse régulièrement le Hamas de détourner l’aide humanitaire à son profit, ce que le groupe nie farouchement. Jusqu’ici, aucune preuve n’a été présentée par les autorités israéliennes pour appuyer ces allégations.
Face au vide sécuritaire dans certaines zones comme Rafah — aujourd’hui sous contrôle de l’armée israélienne — des initiatives locales émergent. Yasser Abu Shabab, chef influent d’un clan de la région, affirme avoir mis en place une force armée chargée d’assurer la sécurité des convois. Des images publiées en ligne le montrent encadrant l’arrivée et l’acheminement de l’aide, tandis qu’il rejette les accusations de collaboration avec Israël et de détournement de cargaisons.
Le Hamas, qui ne contrôle plus certains secteurs de Rafah, considère Abu Shabab comme un agent de division soutenu par l’occupation israélienne. Un responsable sécuritaire du Hamas a dénoncé ses actions comme une tentative de saper l’unité palestinienne.
L’ONU, par l’intermédiaire de son bureau de coordination humanitaire (OCHA), affirme ne rémunérer aucune entité pour sécuriser les convois, tout en soulignant la nécessité urgente d’ouvrir davantage de routes et de points de passage pour acheminer l’aide. L’organisation insiste sur l’importance du dialogue avec les communautés locales pour garantir un accès humanitaire équitable et sûr.