Gaza affamée malgré la reprise annoncée de l’aide humanitaire : Israël sous pression internationale
Gaza affamée malgré la reprise annoncée de l’aide humanitaire : Israël sous pression internationale

Deux jours après l’annonce par Israël de la levée partielle d’un blocus de 11 semaines, aucune aide alimentaire n’est encore parvenue à la population de Gaza, selon les responsables humanitaires de l’ONU et les boulangers locaux. Alors que les autorités israéliennes affirment que près de 100 camions ont franchi les frontières, les cargaisons restent bloquées, notamment au centre logistique de Kerem Shalom, et ne parviennent pas aux hôpitaux, boulangeries ou soupes populaires de l’enclave palestinienne.

« Aucune de ces aides, déjà très limitées, n’est arrivée jusqu’à la population », a déclaré Antoine Renard, directeur du Programme alimentaire mondial. Sur le terrain, la situation est dramatique : des dizaines de boulangeries attendent désespérément la farine promise, et les files s’allongent devant les distributions de soupe, parfois jusqu’à six heures d’attente. « Il n’y a plus de farine, plus de nourriture, plus d’eau », témoigne Sabah Warsh Agha, 67 ans, réfugiée dans un camp de tentes à Gaza-ville.

Face à la famine qui menace, la pression monte sur le gouvernement de Benyamin Netanyahou. La communauté internationale – y compris des alliés traditionnels comme les États-Unis – manifeste une impatience croissante face à la poursuite des opérations militaires. La Grande-Bretagne a suspendu ses négociations de libre-échange avec Israël, et l’Union européenne réévalue ses relations politiques et économiques en raison de la « situation catastrophique » dans la bande de Gaza.

Sur le terrain, les frappes israéliennes se poursuivent. Mercredi, au moins 34 personnes ont été tuées dans la bande côtière. L’armée israélienne revendique avoir visé 115 cibles, parmi lesquelles des tunnels, des rampes de lancement de roquettes et des infrastructures du Hamas. Israël justifie sa campagne comme une réponse à l’attaque du 7 octobre 2023, qui a fait 1 200 morts et conduit à l’enlèvement de 251 otages par le Hamas.

En Israël, les critiques internes s’intensifient. Yair Golan, chef de l’opposition de gauche et ancien général, a averti que le pays risquait de devenir un « État paria ». Une déclaration qui a suscité la colère du gouvernement. Netanyahou a dénoncé des propos « choquants », accusant ses opposants d’alimenter la propagande anti-israélienne. Pourtant, selon un sondage publié par l’Université hébraïque, 70 % des Israéliens se disent aujourd’hui favorables à un cessez-le-feu incluant le retour des otages.

Alors que la situation humanitaire s’aggrave de jour en jour, Netanyahou reste aligné sur la ligne dure de ses alliés les plus extrêmes, poursuivant la guerre malgré les appels internationaux à la désescalade. L’ombre d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale et de son propre procès pour corruption assombrit un peu plus l’avenir politique du Premier ministre israélien.

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