L’ouragan Melissa a déferlé sur le nord des Caraïbes mercredi, provoquant des destructions massives en Haïti, en Jamaïque et à Cuba. Selon les autorités locales, au moins 25 personnes ont perdu la vie en Haïti et 4 autres en Jamaïque, portant à près de 30 le nombre total de victimes recensées jusqu’à présent.
En Haïti, le pays le plus durement touché, des pluies torrentielles ont inondé des quartiers entiers et détruit de nombreuses habitations déjà fragilisées par des années d’instabilité et de catastrophes naturelles. Les équipes de secours, confrontées à des routes coupées et à des communications défaillantes, peinent à atteindre certaines zones rurales isolées. Le gouvernement haïtien a décrété l’état d’urgence dans plusieurs départements du nord et de l’ouest.
En Jamaïque, les vents violents et les glissements de terrain ont provoqué des dégâts considérables sur les infrastructures. Le météorologue local David McKenzie a estimé que la reconstruction pourrait « prendre jusqu’à dix ans » dans certaines régions. Des milliers de personnes se retrouvent sans électricité, tandis que l’eau potable se fait rare dans plusieurs districts.
Cuba, de son côté, a procédé à l’évacuation de plus de 700 000 habitants avant le passage de Melissa, qui a frappé la province de Santiago de Cuba avant de poursuivre sa route vers les Bahamas. L’ouragan, désormais classé en catégorie 1, a emporté des toitures, arraché des arbres et provoqué d’importantes inondations côtières.
Les Bahamas se préparent à leur tour à affronter les pluies et les vents destructeurs du cyclone. Les autorités locales ont mis en garde la population contre un risque élevé de submersion marine et de coupures prolongées d’électricité.
Face à l’ampleur des dégâts, un groupe de défense du climat des Caraïbes a appelé à une aide internationale immédiate et à la reconnaissance des « pertes et dommages » causés par ces phénomènes climatiques extrêmes, qui se multiplient dans la région. Pour de nombreux experts, Melissa illustre à nouveau la vulnérabilité des petites îles face à la crise climatique mondiale.