Plus de deux semaines après l’enlèvement de plus de 250 élèves et 12 enseignants au sein de l’école St Mary’s, dans l’État du Niger, les familles plongées dans l’angoisse la plus totale voient désormais leur désespoir se muer en colère. L’attaque, considérée comme l’une des pires enlèvements de masse qu’ait connus le Nigeria ces dernières années, a ravivé les traumatismes d’un pays régulièrement frappé par les violences de groupes armés.
Dans la ville de Minna, les fidèles se sont réunis lors d’une messe du soir à la cathédrale Saint-Michel pour prier pour le retour des enfants. Mais ces moments de recueillement ne suffisent plus à apaiser les inquiétudes croissantes. Les parents dénoncent un manque de réactivité des autorités et l’absence de résultats concrets, alors que les recherches semblent progresser à un rythme qu’ils jugent désespérément lent.
Depuis l’attaque, les forces de sécurité affirment poursuivre leurs opérations pour retrouver les enfants, mais peu d’informations filtrent officiellement. Les familles reprochent au gouvernement de les tenir dans l’ignorance et d’être incapable de garantir la sécurité des écoles rurales, régulièrement ciblées par les ravisseurs qui cherchent rançons ou pressions politiques.
L’enlèvement de St Mary’s s’inscrit dans une série d’attaques qui ont frappé le système éducatif dans plusieurs régions du pays, mettant en péril la scolarisation de milliers d’enfants. Les experts avertissent que ces rapts massifs, en plus de leur coût humain considérable, participent à affaiblir la stabilité sociale et économique de communautés déjà vulnérables.
Au fil des jours, les parents oscillent entre l’espoir d’un miracle et la frustration à l’égard des autorités, accusées d’impuissance et de lenteur. Leur colère publique souligne l’urgence d’une réponse plus déterminée, alors que le Nigeria peine toujours à contenir les groupes armés responsables de ces attaques répétées.