L’enquête sur l’incendie dévastateur de Wang Fuk Court, à Hong Kong, révèle que la tragédie trouve son origine dans de graves violations des règles de sécurité commises par une entreprise de construction déjà connue pour ses manquements. Le sinistre, survenu le 26 novembre, a ravagé plusieurs immeubles résidentiels et provoqué l’une des pires catastrophes urbaines qu’ait connues la ville depuis des décennies.
Selon des documents consultés dans le cadre de l’enquête, Prestige Construction — chargée de travaux de rénovation dans le complexe — présentait un historique d’infractions aux normes de sécurité bien avant l’obtention du contrat. Pourtant, un consultant indépendant avait assuré aux résidents que l’entreprise disposait d’un « bilan de sécurité impeccable », les poussant à approuver les travaux sans méfiance.
Après l’attribution du contrat, les habitants ont multiplié les plaintes, dénonçant des coûts excessifs mais aussi des inquiétudes persistantes concernant la sécurité incendie. Plusieurs groupes de propriétaires ont même tenté de révoquer l’accord, sans succès. Leur frustration s’était muée en révolte ouverte face à une gestion jugée opaque et négligente.
Prestige Construction, ainsi que le consultant Will Power, font désormais l’objet d’enquêtes pour homicide involontaire et autres infractions. Les autorités cherchent à comprendre comment une entreprise au passé aussi problématique a pu obtenir un contrat dans un immeuble densément peuplé, et pourquoi les avertissements des résidents n’ont pas été pris en compte.
Cette affaire relance le débat sur la surveillance des travaux de rénovation à Hong Kong, dans un marché où la pression immobilière et la sous-traitance massive créent des failles susceptibles de mettre en danger la sécurité des habitants.